Assurance décès, prévoyance et protection de la famille

Notre site fait la part belle à l’assurance vie, à la fois produit d’épargne et produit de prévoyance. En raison d’un nom ambigu, les Français confondent souvent assurance vie et assurance décès alors que ces deux produits sont très différents. L’assurance décès est un produit purement typé prévoyance et il n’offre aucune rémunération annuelle. Nous allons voir dans cet article son intérêt dans une optique patrimoniale et présenter des solutions de prévoyance complémentaires.

Note de Nicolas : Depuis que je suis père, j’avoue que je ne cherche plus uniquement à bien investir, mais je suis également sensible à la protection patrimoniale de ma famille. Et il est tout à fait possible de bien concilier les 2 : performance et protection. En pratique, on peut protéger sa famille via le pacs (testament) ou contrat de mariage, via l’optimisation de la transmission du patrimoine, via l’assurance vie (jusqu’à 152 500 € transmis sans droits de succession) et via la souscription d’une assurance décès.

Qu’est-ce que l’assurance décès ?

Comme son nom l’indique, l’assurance décès vous protège contre le risque de décès. Il ne s’agit pas d’un garde du corps ou d’un médicament miracle…malheureusement la mort est inévitable. Mais pour le souscripteur de l’assurance décès, il s’agit de protéger financièrement ses proches en cas de décès prématuré. En pratique, le souscripteur paie une prime mensuelle ou annuelle, contre un capital qui sera versé à ses proches s’il décède. Notez qu’il existe aussi des contrats qui versent aux proches une rente temporaire voire une rente viagère.

Le périmètre de couverture de l’assurance décès.

Contrairement à l’assurance vie, les sommes versées par le souscripteur sont « perdues ». En effet, l’assurance décès couvre une période temporaire (généralement de 10 à 25 ans) et jusqu’à ce que vous atteigniez un certain age (généralement 65 ans à 80 ans maximum). Et si vous décidez de résilier votre contrat, vous ne récupérez pas les sommes versées. Donc si le risque (votre décès) ne survient pas durant cette période assurée, vous aurez cotisé à « fonds perdus ». Notez qu’il existe aussi des garanties pour couvrir la vie entière du souscripteur, mais elles sont bien plus onéreuses.

Il est donc important de bien déterminer la période à couvrir, par exemple la période qui couvre les études des enfants. Sachez que plus on cotise jeune, moins les primes d’assurance sont élevées et plus le capital transmis aux proches sera important en cas de décès durant la période assurée. Pour être clair, l’assurance décès sera bien rentabilisée si on meurt tôt, même si ce n’est évidemment pas souhaitable. Pensez aussi au périmètre des causes de décès couverts. Naturellement, le suicide est exclut de la garantie. Comparez les contrats et évitez les contrats qui excluent le décès pour maladie ou accident de sport. Par ailleurs, il est possible de couvrir la perte totale et irréversible d’autonomie (PTIA).

Souscrire à une assurance décès est pertinent dans quelle situation ?

L’assurance décès est particulièrement recommandée quand il y a dissymétrie des revenus dans le couple et un patrimoine trop faible pour maintenir un train de vie convenable au décès du plus haut revenu.

Par exemple, monsieur Dupont est cadre rémunéré 4 000 € nets mensuels et son épouse auto-entrepreneur gagne en moyenne 500 € par mois. En cas de décès de monsieur Dupont, au-delà du choc, la veuve et ses 2 enfants se trouveront en difficulté financière, avec la chute drastique des revenus du ménage. D’autant plus s’il y a peu de patrimoine transmis et si la famille est en location, donc sans crédit immobilier remboursé à la banque au décès par l’assurance emprunteur (ce qui aurait au moins permis à la veuve de devenir propriétaire sans crédit restant dû). Dans ce cas de figure, une assurance décès qui couvre le risque de décès prématuré de monsieur Dupont serait pertinente et offrirait de la sérénité à la famille.

Le calcul coût / risque / bénéfice.

Il s’agit donc d’un classique calcul coût / risque / bénéfice. Bien entendu, les assureurs sont globalement gagnants sur le volume, les actuaires sont payés pour ça. Ce qui signifie que la plupart des gens n’ont pas intérêt à souscrire à une assurance décès. Concrètement, l’assurance peut coûter plusieurs milliers d’euros sur la durée avec une faible probabilité de retour sur investissement. Ceci dit, comme toute assurance, lorsque le « sinistre » survient, l’intérêt de l’assurance apparait. Et pour certains, comme l’illustre l’exemple précédent, le « bénéfice » en cas de survenance du risque couvert sera bien supérieur au coût de l’assurance.

Donc à chacun d’évaluer le risque encouru face au coût de l’assurance, selon sa situation personnelle : grand écart des revenus du couple ? Patrimoine à la succession pour le conjoint survivant et les enfants ? Locataire, propriétaire, ou accédant propriétaire donc assurance emprunteur qui viendrait financer le crédit ?

L’assurance obsèques en complément de l’assurance décès ?

Si on veut aller encore plus loin, on peut aussi vouloir parer aux besoins les plus urgents pour la famille endeuillée. Dans ce cas, une assurance obsèques peut venir compléter l’assurance décès. Car l’assurance obsèques permet de débloquer un capital en urgence pour financer les funérailles de l’assuré. Ainsi, le souscripteur offre de la sérénité à ses proches au moment le plus difficile, pour éviter que des problèmes financiers viennent s’ajouter à la peine. Alors que l’assurance décès répond moins à ce besoin urgent, mais couvre un périmètre moins restreint et avec un capital reversé aux proches plus important.

Notez qu’il est possible également de régler l’organisation et la logistique en désignant les pompes funèbres et les prestations voulues, via un contrat obsèques en prestations (« convention obsèques »). Il s’agit d’une formule qui peut plaire aux familles les plus aisées, qui ne s’inquiètent pas tant de l’impact financier que de la tracasserie administrative pour les proches. Et avec la garantie que les volontés du défunt seront respectées. Pour aller plus loin, nous vous invitons à consulter le site lassurance-obseques.fr , car là encore il faudra lire les petites lignes du contrat et calculer le coût global. En pratique, les cotisations de l’assuré peuvent être versées en une seule fois, ou réparties sur plusieurs années, ou en paiement viager jusqu’au décès (à éviter quand on est jeune).

Les alternatives à l’assurance décès.

Comme nous l’expliquions en introduction, il y a d’autres moyens que l’assurance décès pour protéger sa famille. Ainsi, il est possible de combiner avec d’autres solutions de prévoyance. Notamment l’assurance emprunteur souscrite dans le cadre d’un crédit immobilier et l’assurance vie. Ce sont de bonnes alternatives à l’assurance décès, ou de bons compléments selon le niveau de protection que l’on souhaite apporter à sa famille.

L’assurance emprunteur d’un crédit immobilier.

Il y a des avantages à être propriétaire et d’autres à être locataire. Force est de constater qu’un des avantages d’être accédant à la propriété (donc avec crédit en cours) est de pouvoir bénéficier de l’assurance emprunteur. Il s’agit d’une assurance de prêt obligatoirement souscrite à l’occasion d’un crédit immobilier. En effet, l’organisme prêteur veut s’assurer du remboursement du crédit, alors si l’emprunteur décède durant la période du prêt c’est l’assureur qui prendra le relais. Et par conséquent, la famille n’aura pas à rembourser le capital restant dû à la banque (selon la quotité d’assurance choisie par l’emprunteur, on en parle après).

La couverture et les frais de l’assurance emprunteur.

Le décès de l’emprunteur n’est pas le seul motif qui déclenche l’assurance. En effet, il est possible d’inclure d’autres garanties couvertes : perte totale et irréversible d’autonomie (PTIA), perte d’emploi, incapacité temporaire de travail (ITT). Naturellement, le tarif de l’assurance emprunteur est proportionnel à votre age, à l’étendue des garanties, à votre état de santé et si vous êtes fumeur ou non. En pratique, les frais mensuels d’assurance emprunteur peuvent être fixes tout au long du crédit, ou idéalement proportionnels au capital restant dû (donc dégressifs dans le temps). Et pour couvrir au mieux, attention à la quotité d’assurance. Ainsi, la protection est maximale quand le couple emprunteur choisit d’assurer 100 % sur chaque tête (par défaut 50 % par tête, donc seulement 50 % du crédit pris en charge par l’assureur).

Comme toujours, comparez le coût et les garanties couvertes par l’assurance. Sachez que l’assurance emprunteur proposée d’office par la banque prêteuse ( (« assurance groupe ») est rarement intéressante. Heureusement, on peut se rapprocher d’un tiers (délégation d’assurance) et on peut changer d’assurance emprunteur a posteriori. Généralement, cela permet de payer 3 à 5 fois moins avec des garanties équivalentes ! Lisez donc notre expérience de substitution d’assurance emprunteur.

Note de Nicolas : la couverture par l’assurance emprunteur s’applique aussi aux SCPI financées à crédit. Ainsi, mon assurance emprunteur qui me coûte 5 € par mois financera le capital restant dû (environ 100 000 € à fin 2019) si je décède ou en cas de perte totale et irréversible d’autonomie (PTIA). Et cette assurance s’applique durant toute la durée de mon prêt sur 20 ans. Donc si cela arrive, la famille possède toujours le patrimoine immobilier et sans dettes.

L’assurance vie.

Contrairement à l’assurance décès, l’assurance vie est un produit d’épargne qui rémunère l’épargnant en cas de vie, donc pas de cotisation à fonds perdus. Puis le capital est transmis au bénéficiaire désigné en cas de décès du souscripteur. Peu importe le moment de votre décès, votre bénéficiaire désigné dans votre contrat d’assurance vie percevra le capital et les intérêts. Et le bénéficiaire pourra profiter de la niche fiscale de l’assurance vie : jusqu’à 152 500 € transmis sans droits de succession. Il s’agit du placement idéal pour les familles aisées.

Rédaction de la clause bénéficiaire.

Vous l’avez compris, la clause bénéficiaire est le point sensible. Vous devez veiller à ce qu’elle corresponde à votre souhait. Par défaut, la clause « bénéficiaires en cas de décès » est rédigée ainsi : « mon conjoint ou partenaire de PACS, à défaut mes enfants nés ou à naitre, vivants ou représentés, par parts égales entre eux, à défaut mes héritiers ». Donc c’est le conjoint qui est protégé en premier ressort et cela convient dans la majorité des cas.

Ceci dit, vous pouvez décider de personnaliser la clause bénéficaire pour l’adapter à votre souhait. En ce cas, si vous sortez du cas standard, soyez très précis (précisez les prénoms, noms, dates de naissance des bénéficiaires) et idéalement faites-vous conseiller par un notaire. Sachez qu’il est possible de modifier la clause bénéficiaire de l’assurance vie à tout moment, par exemple en cas de changement de situation familiale.

Note : pour savoir si vous êtes bénéficiaire d’un contrat d’assurance vie, vous pouvez utiliser le service Agira.

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