Défiscalisation

Fiscalité épargne

Nombreuses sont les solutions en France pour défiscaliser. Notre pays est bien connu pour ses niches fiscales, les français aiment payer moins d’impôt sur le revenu (IR) et l’État aime orienter l’épargne des français vers les produits de défiscalisation : dans le cinéma avec les SOFICA, dans la pierre avec le Pinel, dans les PME avec les FCPI, etc. Ce qui est moins connu, c’est que la défiscalisation est rarement intéressante. La « défisc » ne doit être que la cerise sur le gâteau, d’un gâteau déjà bon. Par conséquent, choisissez-bien, attention à ne pas vous laisser aveugler par la carotte fiscale.

SOMMAIRE : 15 solutions populaires pour défiscaliser (ou optimiser fiscalement).

① Les 5 solutions généralement efficaces : assurance-vie, PERP, Madelin, PEE et PERCO.

② Les 4 solutions parfois efficaces : investissement en PME, investissement solidaire, groupements fonciers forestiers et viticoles.

③ Les 3 solutions plus discutables : l’immobilier, les FCPI & FIP et les SOFICA.

④ Les 3 solutions hors catégorie : dons, optimisation familiale et emploi à domicile.

Méfiance, relisez la règle 9 : pour certaines de ces défiscalisations, le risque de perte est bien souvent supérieur à l’économie d’impôt sur le revenu (IR) réalisée…ce n’est pas pour rien que l’État subventionne et délègue ces « opérations hasardeuses » aux français.

Nous vous présentons cette liste de 15 solutions populaires pour défiscaliser (ou optimiser fiscalement) :

1/ L’assurance-vie.

L’assurance-vie est le produit incontournable pour placer en fonds euros garantis, fonds actions ou immobilier.

C’est également un excellent outil pour optimiser fiscalement :

  • exonération d’impôt sur le revenu après les 8 ans de votre AV, alors pensez à prendre date (= ouvrir) au plus tôt.
  • avantages successoraux : vous choisissez librement vos bénéficiaires et vous pourrez leur transmettre jusqu’à 152 500 € sans qu’ils n’aient à régler de frais de succession. Disposition particulièrement intéressante quand les bénéficiaires ne sont pas des parents proches : ils seraient taxés jusqu’à 60% hors cadre de l’AV.

Toutes les explications sont détaillées ici sur notre page dédiée à l’AV.

Conseil de Nicolas : produit indispensable, mais soyez sélectif car toutes les AV ne se valent pas, loin de là. Voyez donc notre sélection des meilleures AV.

2/ Le PERP (plan d’épargne retraite populaire).

Le PERP est un produit d’épargne qui vous permet de payer moins d’impôts quand vous êtes en phase de « vie active », pour ensuite avoir un complément de revenus pendant votre phase de retraite.

Les sommes que vous versez sur le PERP sont déductibles de vos revenus imposables, dans la limite d’un certain plafond.

Il faut être sélectif et bien choisir : privilégiez un PERP sans frais sur versement et avec bon rendement du fonds euro, on pense par exemple au PERP Linxea.

Avis de Nicolas : produit intéressant si vous avez le bon profil. Vous saurez cela sur notre page dédiée au PERP.

3/ Le contrat Madelin.

C’est un produit proche du PERP, dédié aux travailleurs non-salariés. Vos cotisations sont déductibles de votre bénéfice imposable et quand l’heure du départ à la retraite sonnera, vous percevrez une rente viagère jusqu’à votre décès. Cela peut être un bon outil multifonctions : défiscalisation, retraite, prévoyance et mutuelle.

La table de mortalité appliquée peut être celle à date de souscription et pas forcément celle à date du dénouement, ce qui peut s’avérer avantageux. Par exemple, les contrats qui ont été signés avec la table TPRV 93 ne doivent surtout pas être résiliés : les nouvelles tables sont moins intéressantes car elles prennent en compte l’allongement de l’espérance de vie, avec pour effet des pensions de retraite complémentaire amputées de 10 à 30%.

Comme le PERP et l’assurance-vie, il faut être très sélectif et bien choisir son contrat Madelin : préférez un assureur spécialisé dans les professionnels plutôt qu’un contrat bancaire. Le contrat Linxea Madelin figure parmi les meilleurs.

4/ Le PEE (plan d’épargne entreprise).

Pour les salariés chanceux qui ont accès au PEE : vous pouvez y verser vos primes d’intéressement et de participation pour que ces revenus échappent à l’impôt sur le revenu (IR).

Toutes les entreprises peuvent mettre en place un PEE (plan épargne entreprise), et ce quels que soient leur taille/effectif/statut juridique. Mais toutes ne le font pas.
Le PEE concerne tous les salariés de l’entreprise. Néanmoins, l’accord peut exiger une ancienneté minimale, qui ne peut cependant excéder 3 mois.
Le PEG (Groupe) et le PEI (Interentreprises) fonctionnent comme le PEE.

Au sein du PEE, le salarié choisit dans quel support il souhaite investir : fonds monétaire, obligataire, actions, actions de son entreprise, fonds diversifié.
Les revenus des placements réalisés dans un PEE sont exonérés d’IR (mais pas de prélèvements sociaux).

Les sommes qui alimentent le PEE proviennent :

  • des versements volontaires du salarié (la somme totale ne peut être supérieure à 25% de son salaire annuel),
  • de l’intéressement et de la participation (intérêt fiscal : ces revenus versés directement dans le PEE échappent à l’IR),
  • des versements complémentaires effectués par l’employeur (= abondement, à maximiser au plafond annuel de l’employeur!),
  • des revenus tirés du placement.

Les sommes placées en PEE sont bloquées pendant 5 ans.
Ceci dit, le salarié peut demander exceptionnellement le déblocage anticipé.

Les cas de déblocage anticipe du PEE :

  • acquisition, construction ou agrandissement de la résidence principale ;
  • évènements familiaux : mariage ou PACS, divorce ou déPACS, naissance ou adoption, invalidité ou décès du salarié/conjoint/enfant ;
  • création ou reprise d’entreprise ;
  • cessation du contrat de travail (lorsque vous quittez l’entreprise, vous recevez un état récapitulatif de l’ensemble des sommes et des valeurs mobilières épargnées ou transférées. Ce document précise si les frais de tenue de compte-conservation sont pris en charge par l’entreprise ou par prélèvement sur les avoirs)
  • surendettement.

La demande de déblocage doit être faite dans les 6 mois qui suivent la survenue de l’élément le permettant.

Tous les PEE ne se valent pas, car les fonds proposés sont différents dans chaque société et surtout les abondements sont plus ou moins généreux d’une société à l’autre.

Avis de Nicolas : les fonds proposés pour épargner sont rarement bons. Ce qui est intéressant, c’est l’abondement plus ou moins généreux de l’entreprise. Et la cerise sur le gâteau, c’est d’y verser les primes d’intéressement et de participation (primes I/P) pour que ces revenus échappent à l’IR. Dans ces conditions (abondement généreux + défisc des primes I/P), le PEE est très intéressant même si vous placez en fonds monétaire à 0,05% de rendement.

5/ Le PERCO (Plan d’épargne pour la retraite collectif).

Autre dispositif d’entreprise proche du PEE, le PERCO permet aux salariés de se constituer une épargne à long terme tout en optimisant fiscalement.

Les sommes versées sur le Perco sont indisponibles jusqu’au départ à la retraite. Ceci dit, comme pour le PEE, le salarié peut demander le déblocage anticipé dans plusieurs cas. Pendant la période d’indisponibilité, les revenus des placements sont exonérés d’impôt sur le revenu à condition d’être réinvestis dans le plan.

À la sortie du PERCO, en cas de délivrance sous forme de capital, celui-ci est exonéré d’impôt sur le revenu. En cas de sortie sous forme de rente viagère, elle est partiellement soumise à l’impôt sur le revenu. Dans les 2 cas, les sommes sont soumises aux contributions sociales.

6/ L’investissement en PME.

Si la PME est éligible, 18% du montant souscrit sera déduit de l’IR (c’est une réduction, pas un crédit d’impôt). La condition : vous devez conserver vos parts pendants 5 ans minimum.

Vous pouvez investir via un PEA ou CTO chez un broker qui propose les IPO (introductions en Bourse). Il est préférable de souscrire à plusieurs IPO pour diluer le risque.

7/ Les investissements solidaires.

Vous obtiendrez 25% de réduction sur l’IR (pour une détention de 5 ans minimum).

Quelques acteurs : La Nef, la coopérative de croissance, Terre de liens, Habitats et humanismes, Garrigue, Autonomie et Solidarité…

8/ Les groupements fonciers forestiers (GFF).

Vous obtiendrez 18% de réduction de l’IR (pour une détention de 8 ans minimum).

Le rendement des dividendes sera de 2% environ. Vous misez sur le foncier et le bois.

Quelques acteurs : société forestière de la caisse des dépôts et UFFI.

9/ Les groupements fonciers viticoles (GFV).

Les GFV permettent de réduire l’impôt sur la fortune immobilière (IFI) à déclarer : jusqu’à 102 k€ de valeur, on déclare 25% de la valeur et 50% au-delà. Pour ceux qui sont assujettis à l’IFI et qui aiment le vin !

Quelques acteurs : Crédit Agricole, UFFI et quelques indépendants.

10/ L’immobilier défiscalisant.

Les dispositifs se suivent et se ressemblent : Robien, Scellier, Duflot, Pinel …les lobbys immobiliers sont très actifs auprès des gouvernements successifs pour reconduire ces dispositifs qui leurs sont très profitables.

Il s’agit de la solution la plus populaire en France, car elle combine les 2 passions des français : la pierre et la défisc. Et les professionnels s’en frottent les mains, avec des commissions de 10% en moyenne, soit plus de 10k€ par vente.

Seulement, pour espérer être gagnant, il faut « court-circuiter » les intermédiaires en faisant par exemple bâtir soi-même une maison neuve et en la rendant éligible au dispositif Pinel. Sinon, on court un grand risque de moins-value (MV) supérieure à l’économie d’impôts. C’est bien beau d’économiser 20k€ d’IR, si c’est pour surpayer le bien de 50k€ : Immobilier neuf : jusqu’à 50% de surcoût en défiscalisation Pinel. De plus, il faut avoir en tête que l’on achète au prix du neuf, mais que l’on revendra au prix de l’ancien.

Si vous souhaitez investir dans l’immobilier, il y a d’autres solutions plus rentables et moins risquées. Il vaut mieux payer des impôts sur un bon investissement, que de ne pas en payer sur un mauvais investissement.

11/ Les FCPI (fonds communs de placements dans l’innovation) et les FIP (fonds d’investissement de proximité).

Il s’agit de fonds d’investissement dans des PME non cotées. Vous obtiendrez 25% de réduction de l’IR (et jusqu’à 38% pour un investissement en Corse).

Malgré la défiscalisation, cet investissement est rarement rentable. Extrait de l’article : « Rapportés aux 500 fonds de la décennie, on n’a plus au final que 5% de fonds vraiment gagnants, 5% de petits gagnants, 5% de petits perdants, 5% de gros perdants et surtout 80% de fonds dans le brouillard, qui ne sont pas liquidés, dont les valorisations sont souvent artificielles et sur lesquels les épargnants ne peuvent pas récupérer leur argent. » 

12/ Les SOFICA (SOciétés pour le Financement du Cinéma et de l’Audiovisuel).

Si vous souhaitez financer le cinéma d’auteur et les petites productions.

A vos risques et périls, cet investissement est rarement rentable malgré la défiscalisation allant jusqu’à 48% de réduction d’impôt sur le revenu.

13/ Les dons.

On parle ici de dons aux FRUP : les fondations reconnues d’utilité publique. Il s’agit d’associations à but non lucratif d’aide aux personnes en difficulté, d’intérêt général ou d’utilité publique.

Vous obtiendrez jusqu’à 75% de réduction de l’IR.
Site pour choisir en confiance.

14/ L’optimisation familiale.

L’amour avant tout – et ce n’est qu’un effet d’aubaine et pas ce qui motive le mariage ou le pacs – mais bon à savoir : se marier ou se pacser avec un conjoint d’une autre tranche marginale d’imposition (TMI) que la sienne et/ou avoir des enfants fait baisser l’IR (mais pas forcément les dépenses.)

15/ L’emploi à domicile.

Il peut s’agir de l’aide occasionnelle d’une femme de ménage, d’un jardinier, de la garde d’enfants…

Cela vous donne du temps libre et une réduction ou crédit d’IR à hauteur de 50 % des dépenses supportées dans l’année dans la limite de plafonds.


Rappel, relisez la règle 9 : pour certaines de ces défiscalisations, le risque de perte est bien souvent supérieur à l’économie d’impôt sur le revenu (IR) réalisée…ce n’est pas pour rien que l’État subventionne et délègue ces « opérations hasardeuses » aux français.

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