Investissement locatif

Investissement locatif
2 commentaires

Tout pour réussir son investissement locatif : choisir le bon bien au bon endroit, calculer le rendement et le cashflow, optimiser la fiscalité et le crédit.

SOMMAIRE

L’essentiel : le bien et son emplacement.

② Calculez le rendement de votre investissement.

③ Optimisez la fiscalité.

④ Optimisez le crédit.

⑤ Investir dans l’immobilier sans les contraintes de l’immobilier, c’est possible.


Vous souhaitez investir à long terme dans l’immobilier ? Vous avez du temps libre pour trouver la perle rare et en assurer la gestion ? Vous êtes bricoleur ? Vous avez suffisamment de souplesse financière pour assumer les aléas de gestion du bailleur ? Alors l’investissement en immobilier locatif pourrait être intéressant pour vous.

Visez une ville dynamique, que ce soit par l’économie ou l’attrait touristique.

L’idéal est d’investir dans une ville proche de chez vous, surtout si vous comptez gérer vous-même pour éviter les frais de gestion d’une agence. Pensez aux visites à faire pour louer, aux travaux incontournables sur la durée, aux assemblées générales…

La ville doit être suffisamment dynamique pour louer facilement à une population solvable et pour éviter les vacances locatives.

Menez l’enquête sur ces sites :

  • Le Bon Coin : par anticipation, postez une annonce de location du bien que vous envisagez d’acheter pour louer, pour voir si vous recevez beaucoup de demandes et quelle est la population qui appelle (étudiants, couples, actifs ou chômeurs, retraités,…). Test dont il ne faut pas abuser, pas plus de 24h, mais qui permet de s’assurer que l’appartement et le quartier sont convoités (et pour le loyer demandé). Avant un investissement important, c’est bien de s’en assurer.
  • Le site de l’INSEE : consultez en particulier les menus « Population »  et « Marché du travail-salaires ». Le dynamisme démographique est important, de même que la solvabilité des locataires.
  • Le site Impôtsgouv.fr : sur votre espace personnel, le service PATRIM vous permet d’estimer le prix de biens comparables dans le quartier pour vérifier que vous payez le juste prix. Vous pouvez faire une recherche dans un périmètre géographique que vous définissez et vous obtenez la liste des ventes (avec les caractéristiques des biens) intervenues sur la période que vous souhaitez avec leur prix réel (les prix notaires signés après négociation, pas les prix des annonces en agence). A l’origine, ce service est fait pour estimer vos biens pour une succession et le nombre de recherche est limité.

Visez un bien adapté à la population du marché local.

  • Grande ville ? Studios et T2.
  • Petites ville ou ville moyenne ? T3.
  • Zone rurale ? Maison.

Assurez-vous de la qualité du bâti.

Faites venir un membre de la famille ou un ami professionnel au cours d’une contre-visite.

Ou encore mieux, faites intervenir un expert indépendant pour réaliser une étude technique (Camif Habitat, etc) : cherchez dans Google « expert bâtiment assermenté ». Vous obtiendrez un rapport de plus de 10 pages avec beaucoup d’informations importantes : le cadastre, les lots, le détails des surfaces, l’évaluation à l’achat et à la location, l’état des installations et ses recommandations…

L’achat en copropriété.

Si vous achetez dans une copropriété, demandez :

  • La part de propriétaires dans la copropriété.
  • Les charges mensuelles et comptes de copropriété : chauffage, charges communes, électricité, etc.
  • Rapport du syndic : derniers travaux effectués, travaux à venir…consultez les comptes-rendus des dernières assemblées générales.
  • Montant de la taxe foncière et de la taxe d’habitation.

Avant de prendre la décision d’investir, calculez le rendement de l’opération. Il ne s’agit pas d’investir à l’aveugle, si vous vous engagez dans le rôle chronophage et risqué de bailleur, c’est pour gagner un certain rendement. Il faut une prime de risque – un bonus de rendement – par rapport à des solutions plus simples comme l’assurance-vie. Endosser le rôle de bailleur, gérer la location, les déclarations fiscales et les travaux, assumer les risques de vacance locative, de dégradation, de non-paiement des loyers, dé dépréciation du bien…tout cela mérite un rendement d’au moins 3% net. Sans compter que vous concentrez tout le risque sur un seul appartement, difficile de diversifier et mutualiser les risques sur plusieurs immeubles.

Cas pratique : vous envisagez d’acheter un appartement non meublé à Lyon, vendu 110 000 € et que vous pouvez louer à 500 € par mois hors charges. Vous avez fait l’étude de marché et mené l’enquête, tout est ok, il faut maintenant faire l’analyse financière de l’opération avant décision. Pas question d’investir dans une affaire non rentable ! Pour ce faire, collectez d’abord les éléments nécessaires : les charges, la taxe foncière, la simulation de crédit immobilier en ligne…

1/ Calcul du rendement brut.

Prix d’achat = 110 000 €.

Frais de notaire = 9 000 €.

Loyer mensuel hors charges = 500 €, soit un revenu foncier annuel de 6 000 €.

Rendement brut = 6 000 € / 119 000 € = 5,04%.

2/ Calcul du rendement net de charges et de taxe foncière.

Pensez à comptabiliser toutes les charges pesant sur l’immobilier locatif :

  • Charges non récupérables = 300 €. A l’opposé, les charges récupérables peuvent être remboursées par le locataire, selon une liste définie règlementairement.
  • Travaux (provisionnez 0,5% de la valeur du bien par an) = 550 €.
  • Assurance propriétaire non occupant (PNO) = 50 €.
  • Gestion locative par agence (6% du loyer) = 360 €.
  • Taxe foncière = 590 €.

Soit un total de charges annuelles de 1850 €. Qu’il faut déduire des revenus bruts annuels.

Rendement net de charges = (6 000 – 1 850) / 119 000 € = 3,49%.

3/ Calcul du rendement net net. (Net d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux).

Admettons que vous empruntiez 119 000 € à 1,80% sur 20 ans, en comptant les frais de notaire. Vous pouvez simuler le crédit en ligne.

Selon votre tableau d’amortissement, en colonne intérêts : vous paierez 2 100 € d’intérêts la 1ère année de votre prêt.

Assiette imposable sous le « régime au réel » = 6 000 € de revenus fonciers – 1850 € de charges – 2 100 € d’intérêts = 2 050 €. Vous avez opté pour le régime au réel plutôt que l’imposition au micro-foncier car vous n’auriez eu qu’un abattement forfaitaire de 30%, soit une assiette imposable de 4 200 € plutôt que 2 050 € au réel.

Les prélèvements sociaux (PS) à payer sont de 17,20% x 2 050 € = 352 €.

Ensuite, votre tranche marginale d’imposition est propre à votre situation personnelle. Admettons que vous soyez imposable à la tranche marginale d’imposition (TMI) de 30%. L’impôt sur le revenu que vous devrez acquitter = 30% x 2 050 € = 615 €.

Rendement net net = (6 000 – 1 850 – 352 – 615) / 119 000 € = 2,67%.

A vous de décider si un rendement de 2,67% net net vous satisfait. Vous pouvez négocier le prix pour tendre vers les 3%. Vous pouvez également décider de vous priver de la gestion par agence et de faire un maximum de travaux vous-même pour diminuer les charges donc améliorer le rendement, mais cela vous privera de temps libre, et le temps c’est de l’argent.

Il s’agit ici du rendement. On ne tient pas compte de la plus-value ou moins-value future, par définition impossible à prévoir. Et le calcul est fait sur la base du prix du marché actuel. Indicateur utile pour décider de l’achat ou pour arbitrer après achat à l’instant T entre plusieurs investissements et choisir de vendre ou non.

Autre indicateur : la rentabilité.

La rentabilité n’est calculable qu’à la fin de l’opération, en intégrant la plus-value ou moins-value.

Vous pouvez avoir un bon rendement lors de la location plusieurs années, mais si vous faites une moins-value de 50% en vendant, il y a fort à parier que l’affaire aura été non rentable.

Inversement, vous pouvez avoir un rendement ridicule de 1% pendant la location, mais si vous vendez avec 100% de plus-value, l’affaire aura été rentable. Typiquement le cas de l’immobilier parisien ces dernières années, mais il faut être optimiste sur la poursuite de la hausse des prix, c’est spéculatif. On est sûrs du rendement car calculable à l’instant T avec les paramètres connus, mais pas de la tendance du marché : les performances passées ne préjugent pas des performances à venir.

Autre indicateur important à calculer avant achat : le cashflow.

Visez l’autofinancement : autant d’entrées d’argent (loyer) que de sorties (traite mensuelle, charges et impôts).

Dans notre exemple : emprunt sur 20 ans de 119 000 € à 1,80% et 15 € d’assurance par mois. Cela donne 605 € de traite mensuelle sur 20 ans, pour 500€ de loyer par mois. Le cashflow est négatif : -105 € par mois et sans compter les charges ni les impôts. C’est votre effort de trésorerie. Il faut limiter cet effort, pour autofinancer le bien et se construire un patrimoine sans effort de trésorerie si possible.

Avec un emprunt sur 25 ans, nous en sommes à 507€ de traite mensuelle pour 500€ de loyer, c’est un meilleur cashflow (7€ par mois d’effort de trésorerie), mais attention, c’est sans tenir compte des charges et impôts, donc vous n’obtenez pas vraiment un autofinancement.

Voilà pour l’analyse financière de votre investissement. Cet exemple ne tient pas compte de dispositifs fiscaux spécifiques. Il est possible d’être soumis à d’autres régimes fiscaux et d’optimiser.

La référence : impots.gouv.fr

Ancien en location nue (non meublée).

Régime micro foncier.

Éligibilité : de plein droit, si le montant brut des loyers perçus l’année précédente par l’ensemble de votre foyer fiscal est inférieur à 15 000 € hors charges.

Dans ce cas, un abattement forfaitaire de 30 %, représentatif des charges supportées par le propriétaire, sera appliqué automatiquement pour déterminer votre revenu imposable dans la catégorie des revenus fonciers. Dans notre exemple : 6 000 € de revenus fonciers – 30 % d’abattement forfaitaire = vous serez imposé sur une assiette de revenus fonciers de 4 200 €, qui s’ajoutent à vos revenus salariés. Ce bénéfice foncier de 4 200 € est également soumis aux prélèvements sociaux de 17,20%.

Régime au réel.

Éligibilité : si vous n’êtes pas éligible au micro-foncier, ou si vous préférez opter pour ce régime car vos charges réelles sont supérieures à l’abattement forfaitaire de 30%.

Dans ce cas, il faut remplir la déclaration annexe de revenus fonciers n° 2044 pour détailler les charges. Dans notre exemple : 6 000 € de revenus fonciers – charges = vous serez imposé sur une assiette de revenus fonciers de 2 050 €. Ce bénéfice foncier de 2 050 € est également soumis aux prélèvements sociaux de 17,20%.

Ancien en location meublée.

Régime LMNP (loueur en meublé non professionnel) au micro BIC.

Éligibilité : de plein droit, si le montant brut des loyers perçus l’année précédente par l’ensemble de votre foyer fiscal est inférieur à 70 000 € hors charges.

Ces revenus sont imposables dans la catégorie des revenus industriels et commerciaux (BIC) et doivent être reportés sur la déclaration complémentaire 2042-C-PRO dans la rubrique dédiée. Un abattement forfaitaire de 50%, avec un minimum de 305 €, représentatif de charges sera automatiquement appliqué.

Dans notre exemple, si on meuble l’appartement : 6 000 € de revenus locatifs – 50 % d’abattement forfaitaire = vous serez imposé sur une assiette de revenus industriels et commerciaux de 3 000 €, qui s’ajoutent à vos revenus salariés. Ce bénéfice foncier de 3 000 € est également soumis aux prélèvements sociaux de 17,20%.

Régime LMNP au réel.

Éligibilité : si vous n’êtes pas éligible au micro BIC, ou si vous préférez opter pour ce régime car vos charges réelles sont supérieures à l’abattement forfaitaire de 50%.

Vous pouvez déduire vos charges réelles de vos revenus industriels et commerciaux, y compris l’amortissement du prix d’achat des biens (meubles et immeubles). Par exemple, pour un achat à 100 k€, on peut considérer 80k€ de meuble et immeuble (et 20k€ de foncier), donc un amortissement qui portera sur 80k€. Pour un emprunt sur 20 ans, cela fait 4k€ d’amortissement par an. A noter : si vous vendez, les amortissements ne seront pas réintégrés au calcul de la plus-value, contrairement aux sociétés (y compris les SCI) soumises à l’IS (impôt sur les sociétés).

Ce régime peut donc vous permettre de ne pas payer d’impôt sur vos revenus locatifs si vos charges sont importantes. En contrepartie, vous devez tenir une comptabilité conforme au code du commerce et au plan comptable général. Vous devez déposer une déclaration de résultat N°2031 et ses annexes (bilan, compte de résultat…). Faites appel à un cabinet d’expertise-comptable si nécessaire, ou à un site internet spécialisé.

Quel régime fiscal choisir pour son investissement locatif ?

La location nue (non meublée) est fortement taxée : à la TMI (tranche marginale d’imposition) + PS (prélèvements sociaux), la taxation peut atteindre 62,2% ! Il est donc généralement recommandé d’optimiser fiscalement. Par exemple, vous pouvez acheter un bien à crédit et avec travaux, de façon à déclarer au réel pour déduire le maximum de charges et être moins imposable. Il peut être également intéressant de louer en meublé (généralement quand il n’y a plus de crédit ou de travaux en charges), pour être imposable sur seulement 50% des revenus locatifs.

Dans notre exemple, à ce stade de la location avec des intérêts d’emprunt importants en début de crédit, le meilleur régime fiscal est celui de la location non meublée au réel : vous êtes imposé sur un bénéfice foncier de 2 050€, plutôt que sur une assiette de 4 200 € au micro-foncier ou 3 000 € en meublé au micro BIC. Et encore mieux, cela peut même tomber à 0 € dans le régime LMNP au réel si vous amortissez le bien.

Vous achetez du neuf défiscalisant, type Pinel ?

Attention à ne pas être aveuglé par la carotte de la défiscalisation. L’opération doit être rentable hors défisc : la défisc ne doit être que la cerise sur le gâteau. Comparez les prix du neuf et de l’ancien, toutes choses égales par ailleurs. Si vous payez 30% de plus en louant au même prix, peu de chance que vous soyez gagnant même en intégrant la défisc. Pensez également que vous payez le prix du neuf, mais vous vendrez au prix de l’ancien.

Il vaut mieux payer des impôts sur un bon investissement, que de ne pas payer d’impôts sur un mauvais placement. Relisez donc la règle 9. Et comparez avec les autres solutions de défiscalisation, si votre souhait est de défiscaliser.

On recommande généralement d’investir au maximum à crédit, d’une part pour profiter de l’effet levier, d’autre part pour déduire les intérêts de vos revenus fonciers. L’effet levier vous permet d’investir de l’argent qui n’est pas à vous (à votre banque) mais qui vous rapportera : vous démultipliez le volume d’argent qui travaille.

Le crédit est un élément très important quand on investit dans le locatif. Dans notre exemple, si on emprunte à 1,60% au lieu de 1,80%, on améliore notre cashflow. De même si on allonge la durée du crédit. Comparez les offres, Boursorama est souvent très bien placé.

1er paramètre : le taux d’endettement.

On recommande généralement d’emprunter à 100% (voire 110% avec les frais de notaire) pour profiter au mieux de l’effet de levier qui permet de développer son patrimoine sans injecter d’argent. D’autant plus quand on place son argent à plus de 3% et que l’on peut emprunter à moins de 2%. Si votre investissement est viable, la banque devrait accepter de prêter sans demander d’apport. Si ce n’est pas le cas, interrogez-vous sur la rentabilité de votre investissement et sur votre solidité financière.

2ème paramètre : la durée du crédit.

A vous de décider de la durée du prêt immobilier, en fonction de votre situation financière et de vos cash-flows. Pour améliorer le cashflow et viser l’autofinancement, on recommande généralement une durée longue : 20 ans voire 25 ans pour baisser le niveau des traites mensuelles au niveau des loyers reçus.

3ème paramètre : le taux du crédit.

C’est la banque qui vous l’impose. Faites jouer la concurrence ou passez par un courtier : c’est rarement sa propre banque qui fait la meilleure offre. N’hésitez pas à négocier, en tenant compte de l’assurance décès/invalidité. Mais si la banque exige en contrepartie la domiciliation des revenus et la souscription de produits d’épargne, le compte courant avec CB,…calculez bien : économiser 1k€ d’intérêts sur la durée du crédit mais perdre des milliers d’€ de frais bancaires ensuite par rapport aux solutions de banque gratuite et de produits d’épargne recommandés sur notre site, cela ne vaut pas le coup.

Mais plus que tout, négociez le prix d’achat, achetez à un bon prix. Car le crédit peut toujours être renégocié, alors que le prix ne pourra jamais être renégocié. Et parce que négocier -5% sur le prix d’achat vous fera économiser bien plus que négocier 0,10% sur le taux du crédit. 


Un rendement de moins de 3% net ne vous satisfait pas ? Être bailleur est très chronophage, vous estimez que le jeu n’en vaut pas la chandelle, qu’il faut un gros budget, que c’est trop d’efforts de gestion et trop de risques de ne pas diversifier sur plusieurs immeubles ? Vous souhaitez malgré tout investir en immobilier ? Dans notre tableau comparatif, vous découvrirez d’autres solutions pour être propriétaire immobilier : notamment les SCPI et les SIIC sont tout aussi rentables voire plus, pour moins d’efforts et moins de risques.

Page suivante

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

2 commentaires sur “Investissement locatif”

    • Nicolas