12 règles essentielles pour votre épargne

1. Investissez dans ce que vous comprenez et posez les calculs.

Essayez toujours de savoir ce qui se cache derrière les appellations marketing des placements que l’on vous vend. Est-ce une assurance-vie ? Un PEA ? Un livret ? Les noms des produits ne sont pas toujours explicites ni leur contenu. Par exemple, savez-vous dans quoi votre assurance-vie est investie ? Sur quel fonds € et quelles unités de compte ? Est-ce qu’il s’agit d’une gestion libre ou pilotée ? Quand vous signez pour un produit, prenez toujours le temps voir ce qu’il y a à l’intérieur. Et attardez vous sur les frais et les conditions. Prenez donc votre temps pour réfléchir à tête reposée. Ne signez jamais directement devant votre « conseiller » en banque même s’il se montre pressant, il faut d’abord se renseigner et comparer.

Et posez les calculs ! N’investissez pas sans avoir calculé le rendement brut et le rendement net de votre investissement. N’oubliez pas de compter les frais, charges et impôts. Quand on place ou investit, c’est essentiel de savoir ce que l’on va réellement gagner, c’est la base. Vous trouverez ici le simulateur de rendement pour vous aider. Pour l’immobilier locatif, nous vous invitons à calculer à l’aide de cet exemple.

2. Définissez un horizon de placement.

C’est un des paramètres les plus importants pour définir sa stratégie d’investissement. On n’investit pas de la même façon son épargne selon qu’elle serve à acheter une voiture dans 3 ans, un bien immobilier dans 8 ans, ou à constituer un complément de revenu pour sa retraite. Typiquement, si vous investissez à long terme, vous avez intérêt à tirer parti des bons rendements qu’offrent les marchés financiers tout en profitant des niches fiscales que sont l’AV et le PEA. En lissant vos investissements sur plusieurs années, cela vous permet de profiter des marchés bas et de ne pas tout miser à la veille d’une correction de cycle économique (voir la méthode DCA). À l’inverse, il est déconseillé d’investir en bourse à court terme, car le risque de perte en capital est réel. Vous vous invitons à relire la page expliquant comment définir son horizon de placement et adapter sa stratégie d’épargne en conséquence.

3. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.

Cet adage bien connu dans le milieu des investisseurs est vrai pour toutes les classes d’actifs. L’immobilier ou plus récemment les marchés actions ont pu connaître une progression importante ces dernières années. Oui, mais rien ne garantit que cette tendance se poursuive dans les années à venir. L’économie est cyclique. De la même manière, le rendement des fonds € en assurance-vie baisse ces dernières années sur fond de baisse de l’inflation et baisse des taux obligataires, jusqu’à quand ? Il faut être humble et diversifier les actifs. Différents graphiques pour battre en brèche les idées reçues et montrer que tout est possible sur les marché.

4. Ne perdez pas de vue les motivations de vos conseillers.

Au risque d’être dur, mais juste, votre « conseiller » de banque est avant tout un vendeur. Il place ses produits et ne connait pas tout le marché. Quand bien même il connait le marché et sait qu’aller chez Boursorama sera mieux pour vous, il ne pourra pas vous conseiller d’y aller. Sur son assurance-vie avec 3% de frais sur versement (il parlera de « droits d’entrée » pour mieux faire passer la pilule), il n’y aura sans doute que des fonds maison moins performants et plus chargés en frais que sur une bonne assurance-vie à 0% de frais sur versement et à architecture ouverte (proposant des fonds de plusieurs maisons de gestion en plus des fonds de la banque). De même, il proposera le programme immobilier de la banque, alors qu’il y a bien d’autres choix plus rentables.

Il ne faut pas perdre de vue que les banques sont limitées à leurs solutions d’épargne…par quel heureux hasard votre banque aurait-elle tous les meilleurs produits du marché alors qu’il y en a des 10aines ? Votre boulanger est-il un conseiller en baguettes et viennoiseries ? Non, c’est un vendeur de baguettes et viennoiseries. Si ses baguettes sont savoureuses mais que le croissant est meilleur et moins cher dans la boulangerie d’en face, je diversifierai, j’aurai 2 boulangeries.

5. Diversifiez !

La diversification est un moyen de protéger la valeur de son patrimoine des aléas que subissent et subiront les diverses classes d’actifs au travers des cycles économiques.

  • Que ce soit entre actifs : monétaire/obligations/actions/immo.
  • Et au sein même des actifs : en oblig prendre plusieurs fonds €. En actions prendre des trackers ou un panier d’actions diversifié entre secteurs/pays/taille de capitalisation. En immobilier, prendre plusieurs SCPI – SCPI en soi déjà bien diversifiées en terme d’immobilier de bureau / murs de commerce / localisation.

6. Endettez-vous si cela vous profite.

Empruntez si l’effet levier est intéressant : emprunter à 1,5% pour placer à 3% net; c’est malin, surtout si en plus je défiscalise les intérêts d’emprunt (immo locatif). Mais attention, si j’emprunte pour un actif qui se déprécie, ce n’est plus un effet levier mais un effet massue !

7. Bourse : lissez vos investissements dans le temps.

Si les marchés actions constituent une des classes d’actifs présentant le meilleur rendement à long terme, la situation pourrait être très différente pour un investisseur qui serait entré en bourse à la veille de l’éclatement de la bulle internet en l’an 2000 ou à la veille de la crise des surprimes en 2008. En pratique, il est difficile, pour ne pas dire impossible, d’anticiper les mouvements de hausse et de baisse des marchés. Cependant, il est possible de s’affranchir de cette incertitude, quitte à ne pas profiter pleinement d’une belle hausse des marchés. La méthode du Dollar Cost Averaging (DCA) consiste à lisser dans le temps son entrée sur les marchés actions. N’hésitez-pas à lire notre page dédiée à l’investissement en bourse expliqué aux personnes cherchant des solutions simples et efficaces pour profiter de cette classe d’actifs.

8. Achetez au son du canon, vendez au son du clairon.

En 2008-2009, krach boursier, le CAC40 chute à 2500 pts, ceux qui achetaient des actions étaient alors traités de fou. 6 ans plus tard le CAC était déjà revenu à 5000 pts (+100% de plus-value sans compter les dividendes !).

Le marché immobilier français ne déroge pas à la règle. En 1998, après 7 ans de chute des prix (-40% à Paris et en région PACA), les acheteurs étaient également traités de fous. L’effet inverse s’observe également. En 2007 après des années de hausse, l’achat était redevenu tendance alors que les prix avaient doublé voire quadruplé en grande ville. Les gens achetaient sans réfléchir en pensant que les prix augmenteraient ad vitam æternam (relire la règle 3)… Depuis, les prix en province ont généralement baissé et les negative equity sont devenues courantes. Negative equity ? Concrètement, la vente ne couvre même pas le capital restant dû à la banque.

Les marchés sont cycliques. Ne cédez pas à la panique ni à l’euphorie :

Psychologie de l'investisseur

9. Défiscalisation : la cerise sur le gâteau plutôt que la carotte.

Attention à ne pas être aveuglé par la défiscalisation. Mieux vaut un bon vieux PEL à 2,07% net (2,50% – 17,2% de PS) ou un fonds € à 2-3% net ; plutôt qu’un appartement en Pinel qui rapporte 1,5% net après défisc et qui de surcroit est plus risqué (risque de vacance locative, de dégradations, de mauvais payeur, de moins-value car on achète du neuf mais on vendra de l’ancien) et plus chronophage à gérer (turn-over des locataires, déclarations fiscales, assemblées générales…).

Autre exemple : prendre des SOFICA pour économiser 36% d’IR c’est bien, mais si on a 9 « chances » sur 10 de se retrouver en moins-value de 50% à l’échéance, c’est contre-productif.

10. Concentrez-vous sur le rendement net.

Ayez toujours à l’esprit que ce qui est important est l’argent réellement disponible dans votre poche après application de la fiscalité. Cela n’a par exemple pas de sens de comparer le rendement brut d’un bien locatif avec le rendement d’une assurance-vie, le bien loué supporte différentes charges et un mécanisme d’imposition différent. Ainsi, un rendement brut au premier abord alléchant peu parfois aboutir à un rendement net très faible.

De manière générale, il faut comparer les rendements nets entre produits (après frais, impôts ou défisc) et se demander si grappiller 0,1% de rendement vaut le risque encouru sur un produit plus volatil et le temps perdu à gérer : notion de prime de risque. La prime de risque désigne le supplément de rendement exigé par un investisseur afin de compenser un niveau de risque supérieur à la moyenne. Cette différence de taux, ce revenu supplémentaire espéré exigé constitue la prime de risque. Si mon portefeuille PEA me rapporte en lissant 7% net par an, ou si mes SCPI me rapportent 4% net par an, alors j’ai une bonne prime de risque par rapport à mon assurance-vie investie en fonds € à 2% net.

11. Convoiter un rendement élevé implique nécessairement une prise de risque.

Les investissements sans risque avec de forts rendements n’existent pas. Les classes d’actifs offrant les meilleurs rendements sont l’investissement en action et l’immobilier. En 2017, le CAC 40 a affiché une hausse de près de 9%, et 13% en comptant les dividendes. Cette belle performance ne peut malheureusement pas être garantie tous les ans. Il y a des hausses et des baisses, il faut supporter la volatilité pour capter une performance moyenne lissée de 7% par an.

De même en immobilier, un appartement en ville moyenne peut rapporter 10% brut par an, contre 4% brut pour un appartement à Paris. Meilleur rendement mais plus de risques : marché moins dynamique donc plus de risques de vacance locative et locataires moins solvables, probabilité moins élevée de plus-value…on peut préférer cet investissement, mais il faut alors être récompensé par une prime de risque (voir point 10). Plus le rendement est important et plus le risque est fort. Si on vous promet 8% par an sur un produit vendu comme garanti et sûr, méfiez-vous fortement.  

Exemples : Madoff, ou en France l’investissement en manuscrits qu’un collaborateur m’avait présenté en 2012 et que je lui avais vivement déconseillé, devant ce qui me semblait être un système de Ponzi.

Ce n’est pas pour rien que le livret A rapporte si peu. A titre de comparaison, les marchés actions en tendance longue ont un rendement de 7% par an, pour une volatilité importante… Aucun placement garanti ne peut rapporter plus.

12. Méfiez-vous du marketing et des pièges sémantiques.

Attention aux noms des produits, souvent trompeurs et purement marketing. Ce n’est pas parce que le produit est étiqueté Logement (PEL, CEL…) qu’il est pertinent pour composer au mieux pour ce projet. Tout comme les produits étiquetés Retraite (PERP…). Souvent un PEA et/ou une assurance-vie seront plus efficaces pour servir ces projets. De la même façon, une assurance-vie au nom pompeux qui sonne luxueux (« Erable », « Platine »,… ) se veut haut de gamme et peut exiger un ticket d’entrée de 50k€ (somme minimale demandée pour ouvrir le produit), alors que cette assurance-vie ne sera pas forcément de qualité et qu’une autre avec un ticket d’entrée de 100 € pourrait être bien meilleure.


Nous vous avons transmis les bases. Vous avez les clés pour mieux comprendre les placements, vous pouvez maintenant attaquer le cœur du sujet :


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