Choisir les meilleurs placements pour son épargne et bien investir

DPE et location : comment améliorer l’efficacité énergétique de son bien ?

DPE location améliorer l'efficacité énergétique

En ce début d’année, les investisseurs en immobilier locatif font face à de nouvelles contraintes réglementaires. Elles sont en lien avec un diagnostic dont nous avons tous au moins une fois entendu l’abréviation, le DPE : Diagnostic de Performance Énergétique. Améliorer le DPE de ses biens immobiliers va vite devenir vital !

Précédemment, le diagnostic DPE pouvait être déterminé par une méthode se basant sur les relevés de consommation énergétique du logement. En pratique, le diagnostiqueur consultait les factures d’électricité, de gaz et de fioul pour établir son diagnostic. Ce mode de calcul donnait lieu à des résultats quelquefois aberrants puisque très dépendants des habitudes de vie de l’occupant.

Désormais, le seul diagnostic en vigueur repose sur une étude des caractéristiques du logement. C’est à dire le mode de chauffage, le calcul des déperditions de « l’enveloppe » (sol, murs et toiture) et des déperditions via le renouvellement de l’air, etc. Ce nouveau mode de calcul est appelé 3CL-DPE 2021 (Calcul des Consommations Conventionnelles du Logement).

Dans un sens, c’est une bonne nouvelle : quand un acheteur se positionnera sur un bien immobilier, il aura enfin un diagnostic plus cohérent qu’auparavant. Avec un DPE vraiment censé représenter les caractéristiques intrinsèques du logement.

Cela va pousser les propriétaires à se concentrer sur les gaspillages énergétiques. Aussi bien pour notre environnement, que pour notre portefeuille dans un contexte où les prix de l’énergie ne cessent d’augmenter (électricité, gaz, bois, etc.)

D’un autre côté, cette réforme du DPE arrive avec des échéances à très court terme, et l’investisseur peut se retrouver très vite démuni. Depuis le 1er janvier 2022, vous devez déjà ajouter une mention spéciale dans votre annonce immobilière si votre logement se situe dans la classe G ou F : “Logement à consommation énergétique excessive”. Donc cela peut devenir un frein pour vos futurs candidats locataires…

Mais cela va encore plus loin, avec une interdiction progressive à la location des logements énergivores. Et cela commence par la classe G (consommation > 450 kWh/m2/an) dès janvier 2023 ! Autant dire qu’il ne reste que peu de temps pour agir, il faut agir dès maintenant !

Mais que faire ? Dans la plupart des cas, vous serez obligé de réaliser des travaux, qui peuvent être très coûteux ! Ce nouveau poste de dépense doit absolument être pris en compte dans la gestion de votre parc locatif. Cela pourrait même amener de fortes disparités de prix (aussi bien en termes de revenus locatifs que de valeur à la revente) entre les logements bien classés, et ceux en bas du tableau qui nécessitent de nombreuses améliorations.

Nous donnons dans cet article la plume à Romain Demaison. Romain n’est pas un professionnel de l’énergie, mais c’est un ingénieur à l’esprit scientifique.

Devant le piètre résultat de son appartement au diagnostic DPE noté G (donc passoire thermique avec une impossibilité de louer son logement dès 2023), il s’est renseigné pour savoir comment améliorer son DPE. Résultat, il en a écrit un livre de 130 pages et il est devenu plus compétent (en tout cas plus pédagogue et concret, comme on aime sur ADI) que beaucoup de professionnels !

SOMMAIRE

Romain Demaison : dans quel contexte est né cet intérêt pour le diagnostic énergétique ?

Romain Demaison
Romain Demaison

J’ai acheté en juillet 2019 un ensemble de 5 appartements avec un associé, un ancien ami d’école. Malgré de nombreuses lectures (comment investir dans l’immobilier ?) et des formations dans l’immobilier, cela ne nous a pas empêché de passer à côté de nombreuses choses. Et de faire certaines erreurs, mêlées aussi, on peut le dire, à quelques histoires de malchances.

Le mois suivant l’achat de cet immeuble, une locataire décide de ne verser aucun loyer. Elle est déjà en place, il n’est donc pas possible de prendre une assurance loyer impayés. Nous n’avons pas d’autre choix que de nous lancer dans une interminable procédure d’expulsion.

Deux ans plus tard, en juillet 2021, nous récupérons enfin cet appartement… dans un état déplorable.

Après ce premier coup de massue, je tombe sur un article abordant la réforme du DPE, applicable au 1er juillet 2021. Donc je décide de réaliser un diagnostic DPE afin de savoir où l’on se situe : Classe G (consommation de 650 kWh/m2/an) ⇒ Interdiction à la location en janvier 2023 !

Étant donné que tout est à refaire dans l’appartement, cela ne sert à rien d’entreprendre des travaux sans prendre en considération cette nouvelle contrainte. Je décide de me renseigner sur les travaux à effectuer pour améliorer ma note DPE.

Après avoir fait réaliser de nombreux devis, questionné les artisans, les diagnostiqueurs, les services nationaux tels que l’ANAH, les conseillers FAIRE, je suis resté sur ma faim… Et ma quête d’informations concrètes sur internet à propos de ce nouveau DPE est restée infructueuse.

Je décide alors de faire mes propres analyses, et de me former de manière autodidacte sur un logiciel de DPE afin de les appliquer à mon cas. Puis j’ai élargi mon analyse à des cas usuels, et pensant que je n’étais pas le seul à me poser ce type de questions, j’ai décidé de me lancer dans la rédaction d’un livre : Comprendre et Améliorer le nouveau DPE 2021 !

Note : les lecteurs d’Avenue Des Investisseurs bénéficient d’une remise de 3 € sur le prix du livre (format numérique) en renseignant le code « ADI ».

Comprendre et améliorer le nouveau DPE
Le livre de Romain est en vente au format e-book sur son site ameliorer-son-dpe.fr.

Note de Ludovic : cela faisait quelques temps que je m’intéressais à la question de l’efficacité énergétique des logements. Notamment en raison de ces nouvelles contraintes sur la location des logements qualifiés de passoires thermiques. Mais sans vraiment trouver de ressources pertinentes dans le but d’améliorer son DPE, ou alors trop techniques. Et puis je suis tombé sur le livre de Romain, j’y ai trouvé des informations claires avec des exemples concrets pour comprendre et déterminer les rénovations qui s’imposent pour améliorer le DPE d’un logement en fonction de ses caractéristiques. Je vous recommande ce livre si vous souhaitez optimiser le DPE de votre résidence principale ou d’un investissement locatif. Aussi bien pour le confort du logement, que pour l’environnement et les économies d’énergie.

Quelles sont les nouvelles contraintes pour la location d’un bien ?

Comme mentionné en introduction, le Décret n° 2021-19 du 11 janvier 2021 a instauré de nouvelles contraintes sur la location des logements en fonction de leur classe énergétique :

« À compter du 1er janvier 2023, un logement sera qualifié d’énergétiquement décent lorsque sa consommation d’énergie (chauffage, éclairage, eau chaude, ventilation, refroidissement…), estimée par le DPE et exprimée en énergie finale par mètre carré et par an, sera inférieure à 450 kWh/m2 en France métropolitaine.« 

Les logements concernés ne pourront alors plus être proposés à la location.

Source : Passoires énergétiques -Logement décent : évolution des critères | service-public.fr

La suite du calendrier s’inscrit dans le projet Loi Climat et Résilience qui ajoute l’interdiction de mettre en location les logements mal isolés :

  • les étiquettes G à compter de 2025 ;
  • les F en 2028 ;
  • les E en 2034.

Source : Loi climat et résilience : l’écologie dans nos vies | Ministère de la Transition écologique (ecologie.gouv.fr)

Les logements énergivores selon ce calendrier seront alors considérés comme non décents à la location. Et de ce fait, cela entraîne l’interdiction de réaliser de nouveaux contrats de location pour ces logements.

Si votre locataire est encore en place, vous n’êtes pas immédiatement impacté. Mais autant vous dire qu’au vu de l’augmentation du coût des dépenses énergétiques, une vague migratoire vers les logements les moins énergivores risque de démarrer.

Donc autant sortir du lot, et essayer d’être dans le haut du panier. À une époque, il fallait proposer une cuisine et une salle de bain sympa pour se démarquer. Désormais, il faut aussi proposer un logement économe pour sortir du lot parmi les annonces locatives.

À noter aussi qu’à compter du 25 août 2022, les loyers pour les logements des classes énergétiques F et G ne pourront plus être augmentés.

Une autre contrainte avec ces nouvelles réglementations est l’obligation de fournir un audit énergétique plus poussé qu’un simple DPE, pour tous les logements classés F ou G depuis le 1er janvier 2022. Cela a un coût pour le vendeur, de l’ordre de 1 200 à 1 500 €.

La rénovation énergétique peut conduire à des déconvenues quant au rendement locatif d’un investissement

Prenons l’exemple d’un immeuble de 180 m², dans le centre-ville dynamique d’une ville moyenne de l’Ouest de la France, avec une bonne tension locative. C’est un cas réel.

Le rendement brut avant travaux

Actuellement, quel est le rendement brut ?

Prix d’achat = 300 000 €.

Frais de notaire = 22 000 €. Donc 322 000 € frais de notaire compris.

Loyer mensuel hors charges = 1 600€, soit un revenu locatif annuel de 19 200 €.

Rendement brut avant travaux = 19 200 € / 322 000 € = 5,96 %.

Le rendement brut après travaux pour mettre aux normes DPE

Pour être aux normes selon la réglementation DPE et pouvoir mettre en location, il va falloir entreprendre quelques travaux pour améliorer le DPE :

  • isolation des combles = 4 500 € ;
  • isolation intérieure des murs extérieurs = 20 000 € ;
  • isolation du conduit de cheminée = 1 000 € ;
  • changement des fenêtres, double vitrage = 5 000 € ;
  • chauffage = 3 PAC (pompes à chaleur) individuelles à 15 000 € pour les pièces de vie + chauffage d’appoint à 1 200 € pour les autres pièces ;
  • isolation thermique et phonique des plafonds = 6 000 €

Donc un total de 52 700 € de travaux de rénovation énergétique.

Rendement brut après travaux = 19 200 € / (322 000 € + 52 700 €) = 5,12 %.

Ainsi, pour respecter la norme DPE, il faut sacrifier 14 % de rendement : on passe de 5,96 % brut à 5,12 % brut soit -14 %. Finalement, pas de quoi intéresser un investisseur immobilier, à moins de négocier sévèrement le prix d’achat.

Le rendement net de charges et de taxe foncière

Pour être plus précis, il faut calculer le rendement net de charges :

  • charges annuelles non récupérables = 800 €. A l’opposé, les charges récupérables peuvent être remboursées par le locataire, selon une liste définie règlementairement.
  • travaux (provisionnez 0,5 % de la valeur du bien par an) = 1 750 €.
  • assurance propriétaire non occupant (PNO) = 200 €.
  • gestion locative par agence (6 % du loyer) = 1 150 €.
  • taxe foncière = 1 250 €.

Soit un total de charges annuelles de 5 150 €. Qu’il faut déduire des revenus bruts annuels.

Rendement net de charges = (19 200 € – 5 150 €) / (322 000 € + 52 700 €) = 3,75 %. Avant même de payer l’impôt sur les loyers reçus !

Avis de Ludovic : avec les travaux, le rendement net de charges (avant impôt sur les revenus locatifs) tombe à 3,75 % ! Sachant cela, je préfère investir en pierre-papier SCPI autour de 4,30 % de rendement à périmètre équivalent (charges, taxes foncières, travaux et entretien payés) ! Moins de tracas et meilleur rendement. Sinon, pour que cet investissement soit plus intéressant que des SCPI, il faudrait négocier le prix d’achat pour obtenir plus de 4,30 % voire plus de 5 % de rendement net de charges.

Comment identifier les rénovations qui s’imposent pour améliorer le DPE ?

Identifier les rénovations qui s’imposent pour améliorer le DPE est une vraie difficulté pour l’investisseur individuel. Quand j’ai reçu mon premier DPE, selon le nouveau formalisme (puisqu’il a été établi après le 1er juillet 2021), je me suis tout de suite intéressé aux recommandations d’amélioration du logement. Et voilà ce qu’on peut y trouver :

Nous obtenons deux bouquets de travaux, avec l’impact sur la notation du DPE. Au premier regard, cela paraît intéressant. Mais que se passe-t-il si je ne peux pas réaliser l’intégralité des travaux dans ce bouquet ?

De plus, une isolation des murs avec une résistance thermique R > 4,5 m².K/W demande une épaisseur d’au moins 20 cm avec des isolants classiques tels que la laine de roche, et encore plus avec des isolants de type laine de bois ou ouate de cellulose. Que se passe-t-il si je mets moins d’isolant ?

Le diagnostiqueur ne fait qu’un diagnostic et ne fait pas de « conseil ». Si on veut aller plus loin, il est nécessaire de faire appel à un professionnel pour réaliser un audit énergétique.

Et c’est ce flou, pour les particuliers, que je trouve inacceptable. Nous avons une obligation de résultats, à très court terme, afin de respecter ce nouveau DPE. Mais sans posséder les clés, ou les lignes directrices pour y arriver sereinement, sans pour autant être obligé de débourser 1 200 € à 1 500 € pour l’audit énergétique d’un seul logement…

C’est à la suite de cette constatation que j’ai décidé de faire moi-même des simulations de DPE afin d’en tirer des tendances.

Mes propres simulations de DPE

Prenons un exemple concret : l’isolation du sol mentionnée dans les recommandations pour le DPE de mon logement. Il est recommandé de mettre en œuvre un isolant ayant une résistance thermique supérieure à 3,5 m².K/W. Cela représente un isolant d’une épaisseur de l’ordre de 15 cm.

Dans mon cas, je n’ai pas de vide sanitaire qui pourrait faciliter la mise en œuvre de l’isolation du sol. La conséquence, c’est qu’il faut refaire tous les sols, ajouter un isolant, couler une nouvelle dalle en béton, poser un nouveau carrelage ou un plancher, faire des seuils, couper le bas des portes… Bref, un coût très important. Mais qu’en est-il du gain ?

J’ai utilisé le logiciel DPE afin de simuler l’évolution de la note en fonction de l’épaisseur de l’isolant ajouté au sol, dans le cadre d’un appartement de 55 m². Et voici ce que nous obtenons :

Isolation sol consommation énergétique

On améliore légèrement la note. Mais regardons en pourcentage, c’est plus parlant :

Isolation sol consommation énergétique

Nous tendons vers une amélioration de 16 %. Cela peut sembler intéressant, mais ce gain est effectif si nous avons déjà amélioré l’isolation des murs. Si nous effectuons uniquement l’isolation du sol, sans autre précaution, le gain tombe à seulement 5 %. On voit donc qu’il y a des travaux à privilégier, et que l’isolation du sol, au vu de la complexité de l’opération, ne doit pas être mise en priorité.

Nous voyons à travers cet exemple que le ratio du gain sur la notation du DPE par rapport au montant des travaux n’est clairement pas valable. Malheureusement, ceci ne ressort pas au travers du DPE fourni par le diagnostiqueur. Et les artisans ne pourront pas non plus vous conseiller sur ces influences, car ils connaissent mal le mode de calcul du DPE qui est très complexe.

Le risque, c’est que l’artisan réalise un devis très coûteux, qui n’aura pas forcément un impact significatif sur la notation de votre DPE.

L’objectif de l’artisan, c’est de chiffrer des rénovations qui font ses affaires et non les vôtres…il y a un risque de conflit d’intérêt.

L’objectif d’un diagnostiqueur, c’est de réaliser le maximum de diagnostics en une journée, donc il se contentera des recommandations automatiques réalisées par son logiciel.

Mon objectif en écrivant mon livre, c’est d’essayer de fournir des clés pour orienter les propriétaires sur les postes de rénovation énergétique les plus adaptés à leur cas, et qui auront le plus d’impact sur le DPE. Avec le meilleur rapport résultat / coût.

Comment maîtriser les dépenses engagées pour la rénovation énergétique d’un bien locatif ?

La première étape d’une rénovation énergétique, pour moi, c’est de s’attarder sur les fuites de votre logement. Si vous avez une baignoire qui fuit, votre premier réflexe ne doit pas être d’augmenter le débit de votre robinet, mais plutôt de colmater les trous !

C’est la même chose pour votre logement. Ainsi, il faut étudier les principales fuites énergétiques, avant d’optimiser votre chauffage, qui est le principal poste de dépense dans les logements énergivores.

Isolation par extérieur ou intérieur ?

Il faut commencer par analyser le choix d’une isolation par l’extérieur ou par l’intérieur. Le premier réflexe est de savoir si l’isolation par l’extérieur est possible. En effet, si votre façade empiète sur l’espace public, sur une parcelle voisine, cela complique les choses. Si vous avez une façade qui à besoin d’un rafraîchissement, cela peut être une opportunité de réaliser une isolation par l’extérieur.

D’un autre côté, l’isolation par l’intérieur entraîne une réduction de la surface habitable, et la nécessité de refaire tous les murs intérieurs. Si le logement est entièrement à refaire, c’est une piste qui peut être réellement valable.

Dans l’isolation, il ne faut pas oublier les ouvertures, c’est-à-dire les fenêtres / velux et les portes.

Le mode de chauffage

Pour continuer, on s’attarde sur le mode de chauffage. Contrairement aux idées reçues, il y a peu d’intérêt à changer un chauffage électrique par un plus récent.

Le choix dépendra de la nature du chauffage (collectif ou individuel), et des apports en énergie disponibles (électricité, gaz, bois, etc.) Entre en jeu aussi dans le DPE la production d’eau chaude, la VMC, les volets, etc.

Budgétiser les rénovations et solliciter les aides

Il reste alors à budgétiser tout ça en faisant appel à des professionnels, de préférence qualifiés RGE pour l’isolation, d’autant plus si vous souhaitez profiter de certaines aides.

En parlant de ces aides, elles sont multiples, mais très changeantes, avec des conditions d’octroi parfois complexes. Les lister ici serait sans grand intérêt. Mon meilleur conseil sera de vous rapprocher d’un conseiller FAIRE et d’expliquer votre projet. Il pourra vous orienter vers les différentes aides possibles.

Page d’accueil France Renov’ | France Renov’ (france-renov.gouv.fr)

DPE : que doivent savoir les investisseurs immobiliers avant d’acheter un bien locatif ?

Comme nous l’avons vu ci-dessus, la liste des rénovations (et donc leur coût) peut être importante dans les logements les plus mal notés. Il sera impossible de faire l’impasse sur ces rénovations pour pouvoir continuer de louer le bien à l’avenir.

Un des gros pièges à éviter est de ne pas avoir un œil critique sur la notation DPE mentionnée sur l’annonce quand vous achetez un bien. Nous sommes dans une période de transition, et certains DPE restent valides alors qu’ils ont été calculés selon l’ancienne méthode.

Le DPE est valable 10 ans. Attention : les DPE réalisés entre le 1er janvier 2018 et le 30 juin 2021 sont valables jusqu’au 31 décembre 2024, et ceux réalisés entre le 1er janvier 2013 et le 31 décembre 2017 sont valables jusqu’au 31 décembre 2022.

Source : https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F16096

Personnellement, je vous recommande de demander obligatoirement un DPE selon la réglementation de juillet 2021. D’autant plus si c’est un logement ancien sans rénovation. Évitez aussi les DPE vierges ! Même s’ils devraient progressivement disparaître, il en existe encore. Excepté en connaissance de cause et dans le cadre d’une rénovation totale bien prise en compte dans le budget.

Chiffre les travaux énergétiques et négocier

Si la notation est mauvaise mais que vous souhaitez quand même vous lancer, vous devez obligatoirement anticiper ces coûts et les utiliser comme argument pour la négociation du prix d’achat du bien.

C’est aussi valable pour les copropriétés : il est nécessaire de prévoir les éventuels coûts d’amélioration énergétique des immeubles qui seront attribués aux charges propriétaires. Et qui auront donc une incidence sur votre rendement car ces charges ne seront pas répercutées à votre locataire.

Attention aux petites surfaces et biens « sensibles »

À noter aussi que plus un logement est petit, plus les gains dans la notation DPE sont compliqués. Car les petites surfaces sont handicapées lors de la mise en place d’une isolation intérieure. De plus, la part consommée par la production d’eau chaude sur les surfaces faibles devient plus importante au global que la consommation du chauffage. À l’opposé, une grande maison aura besoin de beaucoup d’énergie pour être chauffée, mais la production d’eau chaude sera moindre en proportion puisque uniquement dépendante du nombre de personnes et non de la surface habitable.

Sur de beaux bâtiments parisiens (Haussmanniens), il est peu probable que l’isolation soit effectuée depuis l’extérieur. De ce fait, vous n’aurez d’autre choix que d’isoler votre appartement par l’intérieur. Cette diminution de la surface habitable impactera directement le loyer de votre appartement et son prix, et donc votre rentabilité. Cela réduira aussi le loyer maximum applicable après rénovation dans les villes soumises au plafonnement des loyers (Lille, Paris, etc.). Pour rappel, ces plafonds sont calculés sur la surface habitable.

Sachez également qu’un appartement sous comble sera plus complexe à améliorer. Il faut compter entre 20 et 30 cm d’isolant au niveau des toits. Si la hauteur sous plafond est déjà réduite, et que l’épaisseur d’isolation est insuffisante, cela peut réduire la praticité de l’appartement, et par la même occasion la surface loi Carrez.

Note de Ludovic : Romain souligne ici un point important pour les investisseurs immobiliers portés sur les petites surfaces (studio étudiant…) Ils doivent être vigilants quant à l’incidence des rénovations énergétiques sur l’aménagement de logements parfois déjà exigus avant même les rénovations. De l’autre côté du spectre, je vois également un risque pour les investisseurs portés sur les biens situés dans des secteurs où les prix à la location sont très faibles (loyer faible rapporté à la surface) : pour les grandes surfaces, le coût des travaux de rénovation peut vite devenir exorbitant au regard des loyers escomptables. Ce qui justifiera une décote d’autant plus forte à l’achat, sans quoi le rendement locatif pourrait fortement en pâtir.

L’efficacité énergétique : un critère de plus en plus important

Quelques mois avant la réforme du DPE, je me suis lancé dans la recherche d’une résidence principale. Étant locataire d’une petite maison pas très bien isolée, je pense avoir inconsciemment été sensibilisé à cette problématique de consommation énergétique des logements. Contrairement à mon investissement locatif, j’en ai fait mon critère principal dans mes recherches.

Je pense que nous n’y échapperons pas à l’avenir. D’une part, par contrainte réglementaire, avec ces futures interdictions à la location qui nous guettent. Mais aussi en raison de la prise de conscience par les habitants du coût d’utilisation important d’un logement énergivore. Cela sera renforcé par l’augmentation constante du tarif des énergies.

Si vous possédez déjà un logement énergivore, il risque d’être compliqué à revendre en l’état, en raison des obligations d’audit énergétique. Soit vous vous en débarrassez à bas prix, au risque d’y laisser quelques plumes si l’achat est récent. Soit il est nécessaire de se plonger dans une rénovation énergétique sérieuse, mais avec la problématique d’un manque d’information sur le sujet du DPE.

Concernant les nouveaux achats, que ce soit pour votre résidence principale ou un investissement locatif, je vous conseille de demander obligatoirement un DPE selon la nouvelle réglementation. Car elle est bien plus représentative de la performance intrinsèque du logement.

Et ensuite, à vous de bien budgétiser le montant de cette rénovation énergétique, en analysant les aides auxquelles vous avez droit. À noter qu’en tant que personne morale, si vous investissez en immobilier en société (par exemple dans une SCI), vous n’avez le droit à pratiquement rien… (Seulement les aides de l’ANAH, avec des contraintes de conditions de ressources pour les locataires).

Pour les investisseurs en immobilier locatif, il est très important de prendre en compte ce nouveau poste de dépense qui influe sur la rentabilité. Et de bien appréhender les risques d’impossibilité de louer le logement si on fait l’impasse sur ces travaux. D’un autre côté, ces logements à rénover seront peut être des opportunités pour certains qui connaissent les travaux à réaliser prioritairement dans un logement énergivore, afin de le remettre sur le marché locatif.

En attendant, pour ceux qui souhaitent s’occuper eux-mêmes de leur rénovation énergétique, je vous propose la lecture de mon livre, Comprendre et améliorer le nouveau DPE 2021. Il permet d’analyser plus en détails les travaux les plus influents pour améliorer votre DPE. Je reste bien sûr à l’écoute de critiques constructives sur les analyses que j’ai pu y mener, afin d’ouvrir le débat et d’améliorer la compréhension de ce diagnostic.

Comprendre et améliorer le nouveau DPE
Le livre de Romain est en vente au format e-book sur son site ameliorer-son-dpe.fr.

Note : les lecteurs d’Avenue Des Investisseurs bénéficient d’une remise de 3 € sur le prix du livre (au format numérique) en renseignant le code « ADI ».

Page suivante

Laissez un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *