Choisir les meilleurs placements pour son épargne et bien investir

PER ou assurance vie ? Comparaison chiffrée

Assurance vie ou PER : comparatif avantages fiscalité retraite

Le plan d’épargne retraite individuel (PER, alias PERIN) est un nouveau produit d’épargne issu de la loi Pacte de 2019. Beaucoup d’épargnants s’interrogent : vaut-il mieux épargner sur PER ou sur assurance vie ?

Car d’un point de vue épargne, le PER ressemble comme 2 gouttes d’eau à l’assurance vie : gestion pilotée ou gestion libre, choix entre fonds euro sécurisé ou unités de compte (fonds d’investissement). Ainsi on trouve des PER et assurances vie avec les mêmes investissements possibles. Par exemple le PER Linxea Spirit est le contrat miroir de l’assurance vie Linxea Spirit 2.

En revanche, sur le plan fiscal, une différence notable distingue le PER de l’assurance vie : le PER permet aux épargnants de déduire leurs versements de leurs revenus imposables. Et ceci avec davantage de flexibilité que ne le permettaient les autres enveloppes d’épargne retraite qui l’ont précédé (PERP et Madelin notamment). Voir un exemple de défiscalisation PER ici.

Dans cet article, nous allons donc comparer le PER et l’assurance vie. Avec nos exemples pratiques et chiffrés, chaque épargnant pourra trancher entre assurance vie et PER dans sa situation. Décision importante, car nous verrons qu’un simple choix d’enveloppe (toutes choses égales par ailleurs) peut représenter des dizaines de milliers d’euros de différence dans 20 ans !

SOMMAIRE

PER ou assurance vie ? Tableau comparatif

Nous commencerons par une évidence au sujet du plan d’épargne Retraite. Si vous souhaitez une enveloppe dont vous pouvez disposer librement pour retirer votre argent quand vous le voulez, le PER n’est pas fait pour vous. Car les retraits sur PER sont réglementés par la loi : départ en retraite, achat de résidence principale ou accident de la vie. Alors qu’en assurance vie, on est libre de faire des retraits quand on le souhaite.

En revanche, le PER peut s’avérer plus avantageux que l’assurance vie selon votre tranche marginale d’imposition (TMI) si vous voulez placer du capital pour votre retraite, pour achat de la résidence principale, ou en guise de prévoyance en cas d’accident de la vie (décès du conjoint, invalidité, etc.) On explicite ensuite avec des cas pratiques chiffrés.

Donc PER et assurance vie sont complémentaires et répondent à des projets différents. On expliquera comment optimiser les 2.

Techniquement, le PER existe sous deux formats :

Critères Assurance vie PER assurance PER CTO Yomoni
Liquidité
Rachat possible à tout moment

Rachat possible uniquement à la retraite, en cas d’achat de résidence principale, ou d’accident de la vie

Rachat possible uniquement à la retraite, en cas d’achat de résidence principale, ou d’accident de la vie
Choix des supports en gestion libre
Au gré de l’assureur et/ou du courtier : 1 ou 2 fonds euro et de 10 à 1000 unités de compte (dont des SCPI et des ETF sur les meilleurs contrats)

Au gré de l’assureur et/ou du courtier : 1 ou 2 fonds euro et de 10 à 1000 unités de compte (dont des SCPI et des ETF sur les meilleurs contrats)

Seulement en gestion pilotée. Ni fonds euro ni SCPI.
Frais de gestion annuels sur les unités de compte
0,50 % au mieux (soit 0,80 % tout compris en investissant en ETF)

0,50 % au mieux (soit 0,80 % tout compris en investissant en ETF)

0,30 % par an. Mais 1,60 % en comptant les frais de gestion pilotée et frais des fonds.
Frais de transaction 0 frais sur versement et 0 frais d'arbitrage sur les meilleurs contrats 0 frais sur versement et 0 frais d'arbitrage sur les meilleurs contrats 0 frais sur versement et 0 frais d'arbitrage
Fiscalité des versements

Les versements sont déductibles des revenus imposables

Les versements sont déductibles des revenus imposables

Avant d’entrer dans le vif du sujet, pour rappel, vous pouvez (re)lire nos articles : le fonctionnement du PER et le fonctionnement de l’assurance vie.

PER versus assurance vie : optimiser les versements et sorties en PER

Dans le cas de figure où l’on souhaite investir pour constituer un apport pour l’achat d’une résidence principale, ou bien pour un projet lors de notre retraite, ou en guise de prévoyance en cas d’accident de la vie, le PER peut s’avérer plus ou moins intéressant que l’assurance vie selon notre TMI.

Optimiser les versements en PER

Il est important de connaitre sa tranche marginale d’imposition (TMI) au moment des versements, car la défiscalisation est proportionnelle. En effet, les versements sont déductibles des revenus imposables. Donc verser 10 000 € en TMI 11 % ne fait défiscaliser que 1 100 €, contre 4 100 € en TMI 41 %.

Sur PER, plus la Tranche Marginale d’Imposition (TMI) de l’épargnant est élevée au versement, moins son effort d’épargne est important :

Versement Votre tranche marginale d’imposition (TMI) Gain d’impôt sur le revenu Effort d’épargne
1000 € 0% 0 € 1000 €
1000 € 11% 110 € 890 €
1000 € 30% 300 € 700 €
1000 € 41% 410 € 590 €
1000 € 45% 450 € 550 €

Rappel des tranches marginales d’imposition (avec exemple de calcul d’IR pour un contribuable avec un revenu net imposable de 28 000 € donc en TMI 30 %) :

Tranche de revenu net imposable (pour 1 part) Tranche marginale d'imposition (TMI) Calcul de l'impôt pour un revenu net imposable de 28 000 € (1 part)
Jusqu'à 10 225 € 0 % Les 10 225 premiers euros imposés à 0 % = 0 €
De 10 226 € à 26 070 € 11 % (26 070 - 10 226) x 11 % = les 15 844 € suivants sont imposés à 11 % = 1 743 €
De 26 071 € à 74 545 € 30 % De 26 071 € à 28 000 € : les 1 929 € restants sont imposés à 30 % = 579 €
De 74 546 € à 160 336 € 41 % 0 €
Au-delà de 160 336 € 45 % 0 €
Total impôt brut 0 + 1 743+ 579 = 2 322 €

Dans cet exemple, on voit que cet épargnant en TMI 30 % avec un revenu net imposable de 28 000 € n’a finalement qu’une assiette de 1 929 € imposée à 30 % (les euros précédents étant d’abord taxés à 0 % et 11 %).

Donc pour optimiser le versement en PER, il va se contenter de verser 1 929 € de façon à seulement « racler » sa plus haute tranche (à 30 % ici). C’est à dire qu’il va seulement verser (donc déduire de ses revenus imposables) la fraction de ses revenus s’inscrivant dans sa plus haute tranche.

Il serait contre-productif d’aller défiscaliser sur la tranche plus basse. Pourquoi ? En raison de la fiscalité à la sortie du PER.

Optimiser les sorties en PER

Car en sortie de PER, ce capital versé qui a profité de la défiscalisation, sera cette fois soumis à fiscalisation.

Si entre notre versement et la sortie notre TMI est restée stable ou idéalement a baissé (cas courant car on a tendance à avoir moins de revenus à la retraite), tant mieux ! Car on aura fait travailler pendant des années l’argent avancé par l’administration fiscale. Mais si notre TMI a augmenté entre temps, la défiscalisation du versement aura été moindre que la refiscalisation à la sortie.

Par exemple défiscaliser 10 000 € à 41 %, puis être imposé sur ces 10 000 € à 30 % dans 20 ans, s’avère être très intéressant (démonstrations chiffrées plus loin)

C’est l’opposé de l’assurance vie, qui n’offre pas d’avantage fiscal quand on verse, mais quand on sort. Comparatif fiscal de l’assurance vie et du PER :

Critères Assurance vie PER
Fiscalité des versements

Les versements sont déductibles des revenus imposables
Fiscalité du capital au retrait (hors accident de la vie)
Néant

Imposition au barème progressif de l’IR (selon TMI tranche marginale d'imposition)
Fiscalité de la plus-value au retrait (hors accident de la vie)
IR forfaitaire selon l'âge du contrat (ou choix TMI) + 17,2 % de prélèvements sociaux (0 IR possible si le contrat a plus de 8 ans et moins de 4 600 / 9 200 € de plus-value) Fiscalité assurance vie

Flat tax 30 % (ou choix barème IR si TMI 0 ou 11 % + 17,2 % de PS)
Fiscalité du capital au retrait en cas d'accident de la vie
Néant

Néant
Fiscalité de la plus-value au retrait en cas d'accident de la vie
IR forfaitaire selon l'âge du contrat (ou choix TMI) + 17,2 % de prélèvements sociaux (0 IR possible si le contrat a plus de 8 ans et moins de 4 600 / 9 200 € de plus-value) Fiscalité assurance vie

17,2 % de prélèvements sociaux

Avis de Nicolas : on peut aussi sortir en rente plutôt qu’en capital, que ce soit en assurance vie ou en PER. Mais on n’y voit pas d’intérêt, sauf à être sûr de vivre au moins 100-110 ans. Selon nous, il vaut mieux garder la maîtrise du capital (plutôt que l’aliéner chez l’assureur). Et on peut sortir en capital via des rachats partiels réguliers (tous les mois par exemple) pour se faire soi-même une simili-rente. Tout en évitant les frais d’arrérage propres à la sortie en rente. Donc nos comparatifs portent sur les sorties en capital. Sur le PER, on privilégiera les sorties en capital partiel sur plusieurs années, de façon à ne pas faire grimper sa TMI en sortant. Tout comme les versements ont été optimisés pour seulement « racler » sa plus haute TMI et ne pas défiscaliser plus bas. Ainsi on défiscalise haut et on « refiscalise » bas.

Investissement avec une sortie en capital (exemple chiffré PER ou assurance vie)

Prenons un exemple simple. Un épargnant a eu 50 000 € de revenus nets imposables l’année dernière, donc il se situe en TMI 30 %. Il souhaite placer à long terme, sur 20 ans pour sa retraite.

Vu que le « tunnel » du PER ne le dérange pas, il se demande s’il vaut mieux placer en PER ou en assurance vie. Nous allons calculer cela en plusieurs étapes.

Comprendre l’effet levier du PER

En pratique, à effort d’épargne identique, on place davantage sur PER. Car on fait travailler l’économie d’impôt sur le revenu. C’est ce qu’on appellera l’effet de levier fiscal.

Sur PER, il peut déduire tout au plus 5 000 € (10 % des revenus N-1) sur son revenu imposable en versant 5 000 € sur PER. Mais il a des plafonds de déduction des versements non utilisés des années précédentes donc il pourrait verser et déduire plus de 20 000 €. Cf les plafonds de versement en PER et où les trouver sur votre avis d’imposition.

Si cet épargnant verse très exactement 14 285 € sur son PER, en les déduisant de ses revenus imposables, il aura 14 285 € × 30 % = 4 285 € d’IR en moins à payer.

Ainsi, son réel effort d’épargne est de 10 000 € (14 285 – 4 285) ! Donc en investissant l’économie d’impôt, le PER lui permet de jouir également de la somme due au titre de l’IR tant qu’elle reste dans le contrat, tout en la faisant travailler. C’est le fameux effet de levier fiscal. Ici, 14 285 € travaillent au lieu de 10 000 € !

Alors qu’en assurance vie, s’il choisit de mettre exactement le même effort d’épargne sur son assurance vie (10 000 €), il se retrouvera avec 10 000 € sur son contrat.

Résultat brut après un placement de 20 ans : avantage au PER

Admettons que son capital placé réalise une performance de +150 % en 20 ans (soit un rendement annualisé de 4,7 %). C’est ce qu’on peut envisager sur 20 ans, avec un profil dynamique raisonnable sur un tel horizon de placement. (En pratique, pour espérer atteindre cette performance il faut choisir un bon PER et une bonne assurance vie avec peu de frais et de bonnes unités de compte).

Notre épargnant est maintenant à la retraite et il souhaite retirer son argent.

  • Le PER est valorisé à 14 285 € × (1 + 150 %) = 35 712 €. Soit 14 285 € de capital et 21 427 € de plus-values brutes.
  • L’assurance vie quant à elle est valorisée à 10 000 € × (1 + 150 %) = 25 000 €. Soit 10 000 € de capital et 15 000 euros de plus-values brutes.

On constate que la plus-value est plus importante pour le PER, grâce à l’effet multiplicateur du levier fiscal sur les rendements. Mais qu’en est-il après imposition ?

L’imposition de la plus-value : avantage à l’assurance vie

Partons du principe que la liquidité n’est pas un souci (sinon il faut privilégier l’assurance vie). Dans ce cas, le seul avantage clair de l’assurance vie face au PER est la fiscalité des plus-values.

Certes, on paiera le même niveau de prélèvements sociaux (PS) de 17,20 % sur ces 2 plus-values :

  • en PER : 21 427 € x 17,20 % = 3 685 € ;
  • en assurance vie : 15 000 € × 17,20 % = 2 580 €.

Mais en ce qui concerne l’impôt sur le revenu (IR) :

  • la plus-value du PER sera imposée à 21 427 € × 12,8 % = 2 742 €, avec le prélèvement forfaitaire unique (flat tax 30 % = 17,2 % de prélèvements sociaux + 12,8 % d’IR) ;
  • la plus-value retirée de l’assurance vie ne sera imposée au titre de l’impôt sur le revenu qu’à hauteur de (15 000 – 4 600) × 7,5 % = 780 €. Grâce à l’abattement de 4 600 euros sur l’assiette de la plus-value (9 200 € pour un couple marié ou pacsé) et au prélèvement forfaitaire de 7,5 %. (Fiscalité de l’assurance vie).

Résultat net : et pourtant le PER l’emporte grâce à l’effet levier !

Cela nous fait dans notre exemple une plus-value nette d’IR et de PS :

  • en PER = 21 427 (PV brute) – 3 685 (PS) – 2 742 (IR) = 15 000 € ;
  • en assurance vie = 15 000 (PV brute) – 780 (PS) – 2 580 (IR) = 11 640 €.

Donc l’épargnant obtient un capital net après retrait :

  • en PER = 14 285 € de capital + 15 000 € de plus-value nette – 14 285 € x 30 % (TMI) soit 4 285 € de « refiscalisation » du capital en sortie = 25 000 € ;
  • en assurance vie = 10 000 € de capital + 11 640 € de plus-value nette = 21 640 €.
PER Assurance vie
Capital placé 14 285 € 10 000 €
Économie d'IR (en TMI 30 %) 4 285 € 0 €
Effort d'épargne 10 000 € 10 000 €
Capital brut après 20 ans (performance +150 %) 35 712 € (14 285 € de capital + 21 427 € de PV brute) 25 000 € (10 000 € de capital + 15 000 € de PV brute)
Prélèvements sociaux sur la PV (17,20 %) 3 685 € 2 580 €
Impôt sur le revenu (IR) sur la PV 2 742 € 780 €
PV nette 15 000 € 11 640 €
Capital net après 20 ans 25 000 € 21 640 €

Conclusion de notre exemple

Toutes choses égales par ailleurs (effort d’épargne de 10 000 € et même placement entre assurance vie et PER rapportant +150 % sur 20 ans), cet épargnant obtient plus de capital net après retrait du PER (25 000 €) que de l’assurance vie (21 640 €).

En ayant tenu compte qu’en sortant du PER, l’épargnant rembourse les 4 285 € que l’administration fiscale lui avait « prêté » pendant 20 ans. Cette somme qui a pu travailler gratuitement pendant 20 ans (à +150 % de performance), c’est notre fameux effet de levier fiscal.

Autrement dit, c’est un prêt à taux 0 de l’État, que l’on a fait travailler. Dans notre exemple, l’épargnant n’a placé que la 1ère année. Imaginez s’il avait placé la même somme tous les ans pendant 20 ans, l’écart entre assurance vie et PER aurait été encore plus marqué en faveur du PER. Donc cela peut représenter des dizaines de milliers d’euros d’écart pour un simple choix d’enveloppe !

Note de Nicolas : finalement, malgré une fiscalité de l’assurance vie plus favorable en sortie (en profitant de l’abattement après 8 ans), le placement en PER l’emporte dans le cas présent. Grâce à l’effet levier puissant en TMI 30 %, même en sortant à TMI équivalente ! Cela vaut dans cet exemple avec ces hypothèses, mais ce n’est pas forcément vrai pour une TMI 11 % par exemple, car effet levier moins puissant. Nous faisons différentes simulations plus loin.

Et si l’épargnant sort avec une TMI plus faible ?

Dans le cas où l’épargnant verse avec une TMI 30 %, puis effectue un retrait des années après non pas à TMI équivalente (30 %) mais avec une TMI plus faible (11 %) ?

Ici la performance sera encore meilleure car cela veut dire qu’une partie de la « dette fiscale » (les 4 285 € de défiscalisation en entrée) de l’épargnant est effacée. Ainsi, si l’épargnant sort à 11 % de TMI après être entré à 30 %, on lui efface une dette fiscale de (30 % – 11 %) × 14 285 € = 2 714 €.

Reprenons notre exemple, en calculant le capital net après retrait en sortant du PER en TMI 11 % et non 30 % :

14 285 € de capital + 15 000 € de plus-value nette – 14 285 € x 11 % (TMI) soit 1 571 € de « refiscalisation » du capital en sortie = 27 714 €. Effectivement 2 714 € de plus que les 25 000 € si on sortait du PER en TMI 30 %. Et toujours mieux que les 21 640 € de capital net en sortant d’assurance vie.

Schéma sous forme de bilan

Illustration avec un bilan. Ici on compare l’épargne en assurance vie versus PER, pour le même effort d’épargne de 10 000 € et une plus-value de 50 %, avec différentes hypothèses d’épargne en PER :

  • versement en TMI 41 % puis sortie en TMI 41 % ;
  • versement en TMI 41 % puis sortie en TMI 30 % ;
  • versement en TMI 30 % puis sortie en TMI 30 % ;
  • versement en TMI 30 % puis sortie en TMI 11 %.

Lecture du bilan :

  • en vert l’effort d’épargne de l’investisseur en phase de versement (et sa plus-value nette en phase retrait) ;
  • en rouge son effet de levier fiscal (phase versement) et ses dettes fiscales et sociales (phase retrait) ;
  • en bleu le capital versé par l’investisseur ;
  • en violet la plus-value brute.

Cliquez sur l’image pour agrandir :

Comparaison PER ou assurance vie

Simulations à long terme entre assurance vie et PER, selon la tranche marginale d’imposition

Cette fois-ci nous simulerons plusieurs scénarios pour représenter les divers cas possibles. Tout en étudiant l’impact d’une hypothétique suppression du PFU (flat tax 30 %).

Dans chacun des scénarios nous prendrons le cas de 2 investisseurs célibataires qui placent chacun l’équivalent de 100 € d’effort d’épargne tous les mois pendant 30 ans. Puis qui retirent 4 % de leur portefeuille tous les ans à la retraite pendant 20 ans, sous forme de rachats partiels en capital. On compare l’un en PER (courbe rouge) et l’autre en assurance vie (courbe bleue).

Autrement dit, celui qui place son argent en PER versera 100 / (1 – TMI) € tous les mois (pour faire travailler l’économie d’impôt sur le revenu et profiter de l’effet de levier fiscal comme vu précédemment), qu’il déduira intégralement de ses revenus imposables. Et l’autre place 100 € chaque mois dans son assurance vie.

La question est : lequel de celui qui choisira l’assurance vie ou le PER aura le plus grand pouvoir d’achat après impôts à la retraite ? On suppose qu’ils ont choisi une bonne assurance vie et un bon PER : les 2 contrats sont sans frais sur versement, ont les mêmes frais sur unités de compte (0,60 % par an) et avec une hypothèse de 5 % de rendement annuel moyen.

Note de Nicolas : une fois en retraite, en sortant tous les ans l’équivalent de 4 % de l’enveloppe, c’est une sorte de rente mais on parle bien de sorties sous forme de rachat partiel (tous les mois ou trimestres, à votre convenance) en assurance vie et PER dans notre simulation chiffrée. L’éventuelle suppression du PFU 30 % (17,20 % de PS + 12,80 % d’IR) en cas de changement de loi sera étudiée partout là où la TMI à la sortie est supérieure à 12,8 %.

Pour une TMI à l’entrée de 11 %

Assurance vie ou PER TMI 11%
Assurance vie ou PER TMI 11%

En TMI 11 %, le seul intérêt du PER est dans le cas où on sort à 0% de TMI à la retraite. Sinon, l’assurance vie génère plus de revenus nets d’impôts que le PER, et avec une meilleure liquidité (on sort quand on veut).

Pour une TMI à l’entrée de 30 %

Assurance vie ou PER TMI 30%
Assurance vie ou PER TMI 30%
Assurance vie ou PER TMI 30%

En TMI 30 %, le levier fiscal du PER est suffisamment élevé pour compenser la fiscalité des plus-values, donc le résultat est systématiquement supérieur à l’assurance vie.

Sauf si le PFU est supprimé et que l’on sort à 30 % de TMI. Mais même dans ce scénario, la différence est négligeable, donc on peut considérer que le PER est un bon choix par rapport à l’assurance vie à 30 % de TMI à l’entrée (et à condition de ne pas sortir en TMI supérieure).

Pour une TMI à l’entrée de 41 %

Assurance vie ou PER TMI 41%
Assurance vie ou PER TMI 41%
Assurance vie ou PER TMI 41%
Assurance vie ou PER TMI 41%

En TMI 41 %, le levier fiscal du PER est suffisamment élevé pour compenser la fiscalité des plus-values, donc le résultat est systématiquement supérieur à l’assurance vie.

Sauf si le PFU est supprimé et que l’on sort à 41 % de TMI. Mais même dans ce scénario, la différence est relativement faible, donc on peut considérer que le PER est un bon choix par rapport à l’assurance vie à 41 % de TMI à l’entrée (avec un léger risque en cas de suppression du PFU).

Pour une TMI à l’entrée de 45 %

Assurance vie ou PER TMI 45%
Assurance vie ou PER TMI 45%
Assurance vie ou PER TMI 45%
Assurance vie ou PER TMI 45%

En TMI 45 %, le levier fiscal du PER est suffisamment élevé pour compenser la fiscalité des plus-values, donc le résultat est systématiquement supérieur à l’assurance vie.

Sauf si le PFU est supprimé et que l’on sort à 45 % de TMI. Mais même dans ce scénario, la différence est relativement faible, donc on peut considérer que le PER est un bon choix par rapport à l’assurance vie à 45 % de TMI à l’entrée (avec un léger risque en cas de suppression du PFU).

Conclusion

Finalement, à partir de la TMI 30 %, le plan d’épargne retraite (PER) est intéressant face à l’assurance vie grâce à l’effet de levier fiscal (faire travailler l’argent avancé par le fisc). Même si on sortira du PER dans une TMI équivalente, donc a fortiori encore plus intéressant si l’on sortira dans une TMI plus basse. Et en TMI 11 %, le PER n’est intéressant que si l’on pense sortir en TMI 0 %.

Pour maximiser la rentabilité nette du PER, on va :

  • défiscaliser haut en se contentant de « racler » sa plus haute tranche quand on verse (comme dans l’exemple en début d’article avec les 1 929 € versés). Ce qui sous-entend que le gros de notre épargne continue d’être placé en assurance vie qui a l’intérêt d’être plus liquide (on en sort quand on veut), donc ces 2 enveloppes sont complémentaires.
  • puis on refiscalisera bas en sortant en rachats partiels chaque année (pour ne pas passer à la tranche supérieure en sortant une grosse somme d’un coup du PER).

La démonstration mathématique rejoint notre conclusion de notre guide sur le plan d’épargne retraite, en résumé le PER est :

  • pas intéressant quand on est non imposable. Ni quand on pense sortir avec une TMI plus élevée à la retraite (rare) ;
  • intéressant quand on verse et sort avec une TMI identique (effet levier car on fait travailler gratuitement l’argent avancé par l’administration fiscale) ;
  • très intéressant quand on pense sortir avec une TMI plus basse à la retraite (on a une bonne visibilité à 10 ans de la retraite) ;
  • très intéressant en cas de coup dur permettant d’être exonéré d’impôt sur le revenu à la sortie (mais cas non souhaitable) ;
  • très intéressant dans une optique transmission.

Selon nous, le PER et l’assurance vie sont 2 enveloppes complémentaires. Avec le PER utilisé seulement pour « racler » sa plus haute tranche d’imposition, sachant que le principal continue d’être épargné sur assurance vie, PEA, etc. Dans tous les cas, en pratique, attention à investir sur les meilleures assurances vie et les meilleurs PER, car sur le long terme les écarts de performance sont énormes entre bons et mauvais produits d’épargne.

Laissez un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

30 commentaires sur “PER ou assurance vie ? Comparaison chiffrée”