Choisir les meilleurs placements pour son épargne et bien investir

Smart beta et ETF factoriels sur CTO et PEA

Smart beta ETF factoriels

Que sont les ETF Smart Beta et quel intérêt ? D’année en année, le nombre d’ETF disponibles sur le marché est en constante augmentation. Pour rappel, les ETF (Exchange-Traded Funds) sont des fonds cotés en Bourse. La plupart des ETF disponibles sur le marché ont pour objectif de répliquer fidèlement la performance d’un indice boursier de référence (CAC 40, S&P 500, MSCI World, etc.), on les appelle alors des trackers.

Ils permettent d’investir dans des « paniers d’actions », c’est-à-dire dans des dizaines, centaines, voire milliers d’entreprises en même temps !

Parmi tous ces ETF, il existe une catégorie appelée « Smart Beta », étroitement liée au concept de Factor Investing (investissement factoriel). Plus complexes au premier abord et ne faisant pas l’unanimité, ces stratégies cherchent à s’écarter de la simple pondération par capitalisation boursière en sélectionnant et/ou pondérant les actions selon certaines caractéristiques.

Pour cela, les ETF Smart Beta appliquent des règles systématiques basées sur des facteurs spécifiques : Momentum, Quality, Value, Size, Minimum Volatility, etc. L’objectif peut être de rechercher une meilleure performance, de réduire certains risques ou simplement d’obtenir un profil rendement/risque différent de celui du marché. Mais attention : aucune martingale ici. Faisons le point !

SOMMAIRE

  1. Stratégie Smart Beta et ETF factoriels : explication
  2. Performances des indices factoriels MSCI versus le MSCI World
  3. Des ETF World Smart Beta en assurance vie et PEA ?
  4. Autres ETF Smart Beta et ETF factoriels en assurance vie et PEA
  5. Conclusion

Stratégie Smart Beta et ETF factoriels : explications

Avant-propos

Pourquoi « Smart Beta » ? Afin de comprendre ce terme, voyons ensemble les notions d’Alpha et de Bêta.

Alpha : recherche de la surperformance

L’Alpha désigne, de manière simplifiée, la performance excédentaire d’un investissement par rapport à celle que l’on pouvait attendre compte tenu de son exposition au marché. Dans le langage courant, on parle souvent simplement de surperformance par rapport à un indice de référence.

Par exemple, si un indice progresse de 5 % et qu’un portefeuille comparable progresse de 15 %, on constatera une surperformance brute de 10 points. Techniquement, le calcul de l’Alpha est plus subtil puisqu’il faut notamment tenir compte du risque et de l’exposition au marché.

Bêta : sensibilité aux mouvements du marché

Quant au Bêta, il mesure la sensibilité d’un investissement aux variations de son marché de référence. Il ne faut donc pas le confondre avec la volatilité pure de l’actif.

  • un bêta de 1 signifie que l’actif a historiquement eu une sensibilité proche de celle du marché ;
  • un bêta supérieur à 1 indique une sensibilité plus importante aux mouvements du marché ;
  • et un bêta inférieur à 1 une sensibilité généralement plus faible.

Un bêta élevé n’est donc pas nécessairement « mauvais » et un bêta faible n’est pas nécessairement « bon ». Tout dépend de ce que l’on cherche à obtenir dans le portefeuille.

Smart Beta : s’écarter de la pondération de marché selon des règles définies

De façon résumée, les indices Smart Beta cherchent à modifier le couple rendement/risque par rapport à un indice classique pondéré selon la capitalisation boursière.

Ils utilisent pour cela des règles prédéfinies de sélection et de pondération des actions. Selon la stratégie, l’objectif peut notamment être :

  • de rechercher une prime de performance à long terme ;
  • de réduire la volatilité ou certains drawdowns ;
  • ou simplement de construire un portefeuille présentant des caractéristiques différentes de l’indice de marché.

La gestion Smart Beta consiste donc à construire un portefeuille selon des règles plus élaborées que la simple capitalisation boursière. Mais le mot « Smart » ne signifie évidemment pas que la stratégie est plus intelligente ou plus performante en toutes circonstances.

Retenez que le terme « Smart Beta » reste en bonne partie un terme marketing.

Le ratio de Sharpe

Pour connaître la rentabilité d’un investissement en tenant compte du risque pris, on peut notamment utiliser le ratio de Sharpe.

Il rapporte le rendement excédentaire par rapport au taux sans risque à la volatilité de l’investissement. Historiquement, plus le ratio de Sharpe est élevé, plus l’investisseur a été rémunéré pour la volatilité qu’il a acceptée.

Note de Louis : ce ratio est utile, mais il n’est pas parfait. Il suppose notamment que la volatilité constitue une bonne approximation du risque. Or perdre temporairement 20 % sur une entreprise formidable n’est pas nécessairement le même « risque » que perdre 20 % sur une entreprise au bord de la faillite. Les chiffres sont un thermomètre, pas le patient.

Indices classiques VS indices Smart Beta

Avant de lire la suite, n’hésitez pas à consulter notre article principal sur les ETF.

Les indices classiques : pondération par la capitalisation ajustée du flottant

Les grands indices boursiers classiques sont généralement construits à partir de la capitalisation boursière ajustée du flottant.

Le flottant correspond, en simplifiant, aux actions réellement disponibles pour les investisseurs sur le marché. Certaines participations stratégiques détenues par un État, une famille fondatrice ou un actionnaire de contrôle peuvent donc être exclues du calcul.

Plus la capitalisation ajustée du flottant d’une entreprise est élevée, plus elle prend de poids dans l’indice. C’est par exemple la logique du MSCI World, qui couvre les grandes et moyennes capitalisations des marchés développés.

L’avantage ? Le portefeuille se rééquilibre naturellement avec le marché. Les entreprises qui grossissent prennent davantage de place et celles qui déclinent en perdent, sans avoir besoin de sortir notre boule de cristal.

Les indices Smart Beta utilisent des facteurs

Surperformer durablement le marché est une tâche ardue. Mais plusieurs décennies de recherche académique et de données de marché ont mis en évidence certaines caractéristiques récurrentes, appelées « facteurs », pouvant expliquer une partie des différences de rendement et de risque entre les actions.

Parmi les stratégies factorielles les plus connues :

  • la Qualité (Quality) : privilégier les entreprises affichant notamment une forte rentabilité sur capitaux propres, un endettement maîtrisé et des bénéfices relativement stables ;
  • la Valeur (Value) : privilégier les entreprises affichant des valorisations relativement faibles au regard de leurs fondamentaux ;
  • le Momentum : privilégier les entreprises dont les cours affichent la dynamique récente la plus forte ;
  • la Taille (Size) : favoriser les entreprises de plus petite capitalisation par rapport aux grandes capitalisations ;
  • la faible Volatilité (Minimum Volatility) : construire un portefeuille visant à réduire les fluctuations globales ;
  • le Rendement / High Dividend : privilégier les entreprises distribuant des dividendes élevés et, selon les indices, suffisamment durables.

Ces facteurs peuvent être utilisés pour identifier, sélectionner et pondérer les actions d’un indice. Le travail est largement automatisé : l’indice applique sa méthodologie à intervalles réguliers puis procède à ses rééquilibrages.

Note de Louis : un ETF qui réplique un indice factoriel reste un fonds indiciel passif : le gérant n’essaie pas de choisir chaque matin les meilleures actions. En revanche, la méthodologie de l’indice repose bien sur des choix : quels facteurs, quels critères, quelle fréquence de rééquilibrage, quelles contraintes ? C’est en quelque sorte une décision active enfermée dans des règles passives. Et le Factor Investing peut aussi être mis en œuvre en gestion active.

Pour aller plus loin sur les différentes stratégies pouvant être adoptées en Bourse, n’hésitez pas à consulter l’excellent article de Xavier Delmas : Les différentes stratégies pour investir en Bourse : Value, Growth, GARP…

Performances des indices factoriels MSCI versus le MSCI World

Quels indices ?

MSCI propose aujourd’hui une large gamme d’indices factoriels construits à partir de l’univers MSCI World.

Voici les principaux indices factoriels MSCI utilisés comme références dans notre article :

À noter : le facteur Size mérite une précision. L’indice MSCI World Mid-Cap Equal Weighted utilisé par certains ETF ne correspond pas à un pur indice de small caps : il équipondère des moyennes capitalisations. C’est donc une façon d’accentuer l’exposition aux entreprises plus petites que les géants du MSCI World, mais ce n’est pas exactement la même chose qu’un indice mondial de petites capitalisations.

Quels ETF Smart Beta ?

Les ETF factoriels World sont notamment proposés par iShares, Xtrackers et Amundi.

Voici quelques ETF Smart Beta utilisés comme références dans l’article :

Amundi a également renforcé son offre depuis 2024 avec une gamme d’ETF factoriels Monde reposant notamment sur les stratégies Value, Momentum, Minimum Volatility et Low Size, avec des frais annoncés de 0,25 % par an.

À noter : la devise de cotation d’un ETF ne doit pas être confondue avec son risque de change économique. Acheter en euros une part d’un ETF investi dans des entreprises américaines, japonaises ou suisses ne fait pas disparaître l’exposition aux devises de ces entreprises.

Backtesting des performances

Les facteurs sont séduisants sur les longues séries historiques. Mais il faut remettre l’église au milieu du village : une partie de l’historique des indices factoriels correspond à des backtests réalisés avant leur lancement réel.

Un backtest permet de répondre à la question : « qu’aurait donné cette méthodologie si elle avait existé dans le passé ? ». C’est utile, mais cela ouvre aussi la porte au data mining, au biais de sélection et à la tentation de fabriquer rétrospectivement la stratégie parfaite.

Pour prendre un peu de recul, voici plutôt les caractéristiques historiques sur 10 ans publiées par MSCI à fin août 2026 :

IndiceTurnover sur 12 moisVolatilité annualisée sur 10 ansRatio de Sharpe sur 10 ans
MSCI World2,95 %14,86 %0,74
MSCI World Momentum119,69 %16,38 %0,80
MSCI World Sector Neutral Quality25,20 %14,61 %0,72
MSCI World Enhanced Value27,39 %16,67 %0,66
MSCI World Minimum Volatility20,36 %11,48 %0,51
MSCI World Mid-Cap Equal Weighted33,36 %16,11 %0,44
MSCI World High Dividend Yield21,50 %12,71 %0,56
Source : MSCI. Données au 31 août 2026. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.

Quelques enseignements ressortent :

  • le Momentum affiche sur cette période le ratio de Sharpe le plus élevé, mais avec davantage de volatilité et surtout un turnover sans commune mesure avec le MSCI World ;
  • la stratégie Minimum Volatility remplit bien sa mission première en abaissant fortement la volatilité, mais cela ne signifie pas qu’elle surperforme systématiquement ;
  • le Quality affiche ici une volatilité légèrement inférieure au MSCI World, mais un ratio de Sharpe très proche ;
  • aucun facteur ne domine le marché sur tous les critères et dans tous les environnements.

Les performances réelles

Attention ! Les backtests théoriques ne constituent pas une preuve à eux seuls. Il y a tout un monde entre la théorie et la pratique.

Bonne nouvelle : on possède désormais plus de dix ans d’historique réel pour plusieurs grands ETF factoriels lancés en 2014. On peut donc comparer leur véritable performance avec celle d’un ETF MSCI World classique.

Performance et volatilité sur 10 ans des indices World Smart Beta
Comparaison rendement / volatilité des principaux indices MSCI World factoriels sur 10 ans.

Voici les performances annualisées des ETF iShares comparables, arrêtées au 30 juin 2026 :

ETF1 an3 ans annualisés5 ans annualisés10 ans annualisés
iShares MSCI World Momentum Factor24,65 %25,89 %11,60 %14,98 %
iShares Core MSCI World20,39 %20,14 %11,27 %13,08 %
iShares MSCI World Quality Factor19,79 %17,60 %9,59 %12,52 %
Source : BlackRock. Performances en USD à fin juin 2026, dividendes réinvestis. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.

Cette fois, le résultat est particulièrement intéressant : le Momentum a effectivement surperformé le MSCI World sur les 10 dernières années. Mais le Quality, lui, a légèrement sous-performé.

Voilà précisément pourquoi il faut éviter de transformer les facteurs en religion. Une stratégie peut avoir une justification économique et académique sérieuse tout en sous-performant pendant de longues années.

Prise de recul : notre analyse

Premièrement, aucune stratégie Smart Beta ne garantit une surperformance. Les facteurs connaissent des cycles et peuvent rester plusieurs années derrière le marché classique.

Deuxièmement, investir sur un ETF factoriel revient à accepter une tracking error vis-à-vis du MSCI World. Dit autrement : votre portefeuille ne se comportera pas comme celui du voisin investi à 100 % sur un ETF Monde. Et psychologiquement, voir son facteur préféré sous-performer pendant cinq ans peut être autrement plus difficile que de l’admirer sur un joli backtest.

Troisièmement, il faut regarder sous le capot : turnover, concentration sectorielle, méthode de calcul, fréquence de rééquilibrage, frais et tracking difference. Deux ETF estampillés « Value » ou « Quality » peuvent finalement suivre des méthodologies sensiblement différentes.

Enfin, rien ne garantit que les primes factorielles observées dans le passé conserveront la même ampleur à l’avenir. Elles peuvent néanmoins constituer une source d’inspiration pour définir une stratégie d’investissement, voire pour sélectionner des actions lorsqu’on fait du stock picking. Notre article sur le stock-picking.

Note de Louis : pour la majorité des investisseurs, je préfère garder un ETF Monde très large comme cœur de portefeuille. Si on veut ajouter du Momentum, du Quality ou du Value, je vois davantage ces facteurs comme des satellites autour du cœur que comme une raison de démonter entièrement la maison.

Zoom sur le facteur Momentum

MSCI World Momentum

Le MSCI World Momentum sélectionne des actions du MSCI World affichant une dynamique de cours élevée.

La méthodologie MSCI s’appuie notamment sur les tendances de prix à 6 et 12 mois, en les ajustant notamment à la volatilité. L’indice évite également de donner trop de poids aux mouvements les plus récents, susceptibles d’être plus bruités.

Le revers de la médaille saute aux yeux dans les chiffres : son turnover sur 12 mois atteignait près de 120 % à fin août 2026, contre moins de 3 % pour le MSCI World. C’est une véritable machine à renouveler son portefeuille.

iShares et Xtrackers proposent notamment deux grands ETF World Momentum :

iShares Edge MSCI World Momentum Factor UCITS ETFXtrackers MSCI World Momentum UCITS ETF 1C
Indice de référenceMSCI World MomentumMSCI World Momentum
Zone géographiqueMonde développéMonde développé
Code ISINIE00BP3QZ825IE00BL25JP72
DividendesCapitalisantCapitalisant
Frais annuels0,25 %0,25 %
RéplicationPhysique optimiséePhysique
PEA
ETF World Momentum, septembre 2026.

L’iShares affiche désormais plus de 6 milliards de dollars d’encours et plus de dix années d’historique réel. Le facteur n’est donc plus seulement une jolie construction de laboratoire.

Autres indices Momentum

Il existe également des indices Momentum plus ciblés, notamment sur les États-Unis ou l’Europe :

Note de Louis : le Momentum reste mon facteur préféré. Principalement parce que cette stratégie est pénible à appliquer soi-même en stock picking : il faudrait régulièrement vendre les actions qui perdent leur dynamique et acheter les nouvelles gagnantes. Un ETF automatise cette usine à gaz. Mais attention au biais rétroviseur : même le Momentum peut passer plusieurs années à faire moins bien que le marché.

Zoom sur le facteur Quality

MSCI World Quality différent du MSCI World Sector Neutral Quality

Le facteur Quality vise à privilégier les entreprises affichant des fondamentaux jugés plus solides. Dans le cas du MSCI World Sector Neutral Quality, MSCI retient principalement :

  • une rentabilité sur capitaux propres (ROE) élevée ;
  • un faible levier financier ;
  • une faible variabilité des bénéfices.

Il faut toutefois distinguer le MSCI World Quality du MSCI World Sector Neutral Quality.

Le second cherche à sélectionner les entreprises de meilleure qualité à l’intérieur de chaque secteur, afin de conserver une structure sectorielle plus proche du MSCI World. Cela évite qu’un indice Quality devienne indirectement un énorme pari sur quelques secteurs seulement.

Les grands ETF factoriels World d’iShares et Xtrackers présentés ici répliquent justement le MSCI World Sector Neutral Quality.

iShares Edge MSCI World Quality Factor UCITS ETFXtrackers MSCI World Quality UCITS ETF 1C
Indice de référenceMSCI World Sector Neutral QualityMSCI World Sector Neutral Quality
Zone géographiqueMonde développéMonde développé
Code ISINIE00BP3QZ601IE00BL25JL35
DividendesCapitalisantCapitalisant
Frais annuels0,25 %0,25 %
RéplicationPhysique optimiséePhysique
PEA
ETF World Sector Neutral Quality, septembre 2026.

Là encore, les données réelles invitent à garder la tête froide : sur les dix années arrêtées à juin 2026, l’ETF iShares Quality a délivré 12,52 % par an en moyenne, contre 13,08 % pour l’iShares Core MSCI World.

Le Quality possède donc des qualités — sans mauvais jeu de mots — mais il ne bénéficie d’aucun passe-droit face au marché.

Autres indices Quality

Il existe également d’autres indices Quality, notamment sur les États-Unis et l’Europe :

Des ETF World Smart Beta en assurance vie et PEA ?

Cette partie a beaucoup évolué ces dernières années. Les ETF World Smart Beta ne sont plus cantonnés au compte-titres ordinaire (CTO).

En revanche, il faut bien distinguer les enveloppes :

  • CTO : c’est toujours l’enveloppe offrant le choix le plus large en ETF factoriels World ;
  • assurance vie : certains contrats référencent désormais de vrais ETF World factoriels ;
  • PEA : le choix reste beaucoup plus limité, et les grands ETF World Momentum ou Quality d’iShares et Xtrackers ne sont toujours pas éligibles.

Des ETF World Momentum, Quality, Value et Minimum Volatility en assurance vie

Bonne nouvelle pour les amateurs de facteurs : en 2026, le contrat Linxea Vie référence notamment quatre ETF Xtrackers World Smart Beta :

  • Xtrackers MSCI World Momentum UCITS ETF 1C – IE00BL25JP72 ;
  • Xtrackers MSCI World Quality UCITS ETF 1C – IE00BL25JL35 ;
  • Xtrackers MSCI World Value UCITS ETF 1C – IE00BL25JM42 ;
  • Xtrackers MSCI World Minimum Volatility UCITS ETF 1C – IE00BL25JN58.

C’est une évolution importante : on peut donc désormais loger certaines stratégies factorielles World dans une assurance vie française, alors que l’offre était quasi inexistante il y a encore quelques années.

À noter : la disponibilité dépend toujours du contrat. Et il faut regarder les frais à tous les étages : frais propres à l’ETF, mais également frais annuels de l’assurance vie. Un excellent ETF dans une enveloppe trop chargée en frais peut vite perdre de son brillant.

Quelques ETF factoriels sont aussi accessibles dans le PEA

Les grands ETF World factoriels restent généralement non éligibles au plan d’épargne en actions (PEA). Mais cela ne signifie plus qu’il n’existe aucun ETF factoriel dans cette enveloppe.

On peut notamment citer l’Amundi PEA MSCI USA Value Advanced UCITS ETF (FR001400KH45), lancé en 2024. Il vise une exposition aux actions américaines avec un biais Value, utilise une réplication synthétique et est éligible au PEA.

Autrement dit, le terrain de jeu s’est élargi. Mais si votre objectif précis est d’investir dans un MSCI World Momentum ou Quality, le CTO et certaines assurances vie restent actuellement plus adaptés.

PEA, assurance vie ou CTO : attention à la fiscalité

Le choix de l’enveloppe compte au moins autant que celui de l’ETF. En 2026 :

  • PEA après 5 ans : les gains retirés sont exonérés d’impôt sur le revenu, mais restent soumis aux prélèvements sociaux de 18,6 % ;
  • CTO : les plus-values mobilières réalisées sont, par défaut, soumises au prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 31,4 %, soit 12,8 % d’impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux. L’option globale pour le barème progressif reste possible ;
  • assurance vie : après 8 ans, les gains compris dans les retraits bénéficient notamment d’un abattement annuel de 4 600 € pour une personne seule et 9 200 € pour un couple soumis à imposition commune. Le taux d’impôt dépend ensuite notamment de la date et du montant des versements. Les contrats d’assurance vie classiques avec valeur de rachat restent soumis à des prélèvements sociaux de 17,2 % en 2026.

👉 Nos articles sur l’assurance vie, le PEA et le CTO.

Attention toutefois au raccourci : la fiscalité du CTO n’annihile pas automatiquement une éventuelle surperformance factorielle. Avec un ETF capitalisant, l’imposition de la plus-value intervient principalement au moment de la vente. La durée de détention, les arbitrages, les distributions et la performance réelle changent donc complètement l’équation.

Note de Louis : chez ADI, on raisonne toujours dans le même ordre : 1️⃣ l’enveloppe, 2️⃣ l’intermédiaire, 3️⃣ les placements. Choisir d’abord le joli ETF qui nous fait de l’œil puis se demander où le loger, c’est prendre le problème à l’envers.

Autres ETF Smart Beta et ETF factoriels en assurance vie et PEA

En pratique, le CTO conserve de loin l’offre la plus large en ETF Smart Beta : Momentum, Quality, Value, Minimum Volatility, Size, dividendes, stratégies multi-factorielles, etc.

Les catalogues se sont aussi étoffés. Amundi propose par exemple depuis 2024 une gamme mondiale couvrant les facteurs Value, Momentum, Minimum Volatility et Low Size.

Et la frontière entre gestion passive et active devient elle-même plus poreuse : certains ETF factoriels sont aujourd’hui gérés activement et font varier leur exposition aux différents facteurs selon leur modèle. Cela rappelle une chose essentielle : le Factor Investing est un univers plus large que les seuls indices Smart Beta.

En assurance vie, la sélection reste dépendante de chaque contrat. En PEA, les possibilités sont plus réduites, mais l’exemple de l’Amundi PEA MSCI USA Value Advanced montre que la porte n’est plus complètement fermée.

Enfin, les facteurs peuvent également servir de grille de lecture si vous faites du stock picking. Nous abordons ce point dans notre article sur les meilleures actions PEA et européennes.

L’objectif de l’article est d’apporter des pistes de réflexion aux lecteurs. En aucun cas il ne constitue un conseil en investissement. Si vous souhaitez un accompagnement personnalisé dans la gestion de votre patrimoine, contactez Prosper Conseil.

Conclusion

Les indices Smart Beta s’écartent de la simple pondération selon la capitalisation boursière ajustée du flottant en appliquant des règles destinées à accentuer l’exposition à certaines caractéristiques :

  • la Qualité avec des entreprises affichant notamment une rentabilité élevée, un endettement maîtrisé et des bénéfices relativement stables ;
  • le Momentum avec des entreprises dont les cours affichent la meilleure dynamique récente ;
  • la Valeur avec des entreprises affichant des valorisations relativement faibles au regard de leurs fondamentaux ;
  • la Taille avec une exposition accrue aux entreprises de plus petite capitalisation ;
  • la faible Volatilité avec un portefeuille construit pour limiter les fluctuations ;
  • le Rendement avec des entreprises distribuant des dividendes élevés et suffisamment durables selon la méthodologie retenue.

Avec désormais plus de dix ans d’historique réel sur plusieurs grands ETF World factoriels, on possède davantage de recul qu’au lancement de cet article. Et la conclusion est justement moins binaire qu’avant.

Sur les dix années arrêtées à juin 2026, le Momentum a nettement surperformé le MSCI World, tandis que le Quality Sector Neutral a légèrement sous-performé. Sur une autre décennie, le classement pourra très bien être différent.

Aucun facteur ne possède donc de martingale. Chacun peut traverser plusieurs années de disette et l’investisseur doit être capable de conserver sa stratégie lorsque celle-ci n’a plus le vent dans le dos.

Pour la majorité des investisseurs long terme, un ETF Monde classique reste selon nous le meilleur cœur de portefeuille. Simple, extrêmement diversifié et peu coûteux, il laisse le marché décider quels pays, secteurs et entreprises prendront naturellement davantage de poids.

Les ETF Smart Beta peuvent ensuite constituer une poche satellite pour les investisseurs qui comprennent réellement le facteur choisi et possèdent une conviction suffisamment forte pour supporter — pardon, pour accepter — plusieurs années de sous-performance relative.

Note de Louis : le Momentum reste personnellement mon facteur préféré, mais je n’irais pas pour autant jeter mon ETF Monde par la fenêtre. Le marché donne déjà une excellente base. Les facteurs permettent ensuite de donner un petit coup de gouvernail si on sait précisément pourquoi on le fait.

Enfin, la situation a changé côté enveloppes : les ETF factoriels ne sont plus réservés au CTO. Certains sont désormais accessibles en assurance vie et quelques stratégies peuvent même être logées dans un PEA. Il faut donc, comme toujours, optimiser les trois étages : l’enveloppe, l’intermédiaire et enfin les placements.

Laissez un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

39 commentaires sur “Smart beta et ETF factoriels sur CTO et PEA”