Apprendre le Stock-picking : comment investir en bourse ?

Stock-picking

Les investisseurs débutants sont nombreux à se demander comment investir en bourse. Le stock-picking est une stratégie d’investissement en bourse où l’investisseur sélectionne directement les titres qu’il souhaite détenir en portefeuille (CTO ou PEA) après une analyse approfondie de l’entreprise. Il s’agit de battre le marché, c’est à dire de faire mieux que la gestion pilotée ou que de simples trackers accessible à « Monsieur tout le monde ». Cette approche est réservée aux passionnés de la bourse ayant des connaissances financières étayées. On vous explique les premiers pas pour débuter dans le stock-picking.

Savoir comment investir en bourse : se former et s’informer sur la bourse et l’économie.

Lisez la presse spécialisée et consultez les sites consacrés à la finance.

Lire la presse et les sites spécialisés est le meilleur moyen pour se familiariser rapidement avec le lexique important pour investir en bourse, comprendre les bases de la macro-économie, et acquérir le cadre intellectuel nécessaire pour aborder l’analyse des entreprises. Prenez l’habitude de lire régulièrement la presse financière : Les Echos, Financial Times, Wall Street Journal, etc.

L’analyse des rapports financiers.

Il s’agit d’une étape indispensable en stock-picking, vous ne pourrez pas investir en bourse si vous ne savez pas comment analyser les données disponibles. Le stock-picker évalue une entreprise cotée en consultant les états financiers que l’on trouve dans les rapports financiers annuels (et communiqués trimestriels/semestriels) des entreprises. En particulier, il y a 3 tableaux qu’il est essentiel de bien comprendre pour analyser les chiffres :

  • le compte de résultat,
  • le bilan,
  • les comptes de flux.

Comprendre ces tableaux nécessite des notions en comptabilité. Il faut par exemple comprendre la différence entre la marge brute, le résultat opérationnel courant et le bénéfice, mesurer le poids de la dette, regarder comment se ventilent les bénéfices, etc. De façon plus générale, le stock-picker doit aussi comprendre la dynamique des comptes sur plusieurs années.

Toujours au niveau des comptes de l’entreprise, il faut comprendre ce qu’est un write-off, un goodwill, une book-value, un ROI, et d’autres termes que l’on retrouve en finance et essentiels pour le stock-picking.

Gardez un œil sur la macroéconomie.

La macro-économique a un effet direct sur la valorisation des actions. Par exemple, les décisions des banques centrales, en ajustant les taux directeurs, ont un effet sur la valorisation des marchés obligataires et des actions. Aussi, en cas de remontée des taux, les entreprises les plus endettées ont un risque accru de voir leurs bénéfices diminuer : à résultat opérationnel équivalent, le bénéfice net est pénalisé si la charge de la dette augmente. Une lecture analytique des comptes de résultat et du bilan permet d’anticiper ces risques. À l’inverse, une analyse superficielle d’un titre passera à côté de ces éléments. Pour cette raison, le PER (acronyme de price-earning ratio = capitalisation/profit), souvent mis en avant dans la presse, est un indicateur très imparfait et incomplet pour évaluer la capacité bénéficiaire d’une entreprise.

Ainsi, même si un stock-picker est davantage un micro-économiste car il s’intéresse essentiellement aux comptes des entreprises, il devra tout de même garder un œil sur la macro-économie, guetter les retournement de cycle économique, suivre la situation des pays, les politiques monétaires, etc. Il est donc important de s’intéresser un minimum à la macroéconomie.

Passer à la pratique.

C’est en forgeant que l’on devient forgeron, la formule est également valable lorsqu’il s’agit d’investir en bourse. En multipliant la lecture des rapports financiers de nombreuses entreprises, vous allez acquérir des points de repère. En consultant les chiffres (compte de résultat et bilan) de beaucoup d’entreprises, vous devriez être capable de situer la capitalisation d’une entreprise juste en regardant les chiffres !

Concrètement.

Le principe général en stock-picking consiste à rechercher des entreprises sous-valorisées par rapport à leur capacité à générer des profits à long terme. Évoquons quelques chiffres dans le contexte actuel.

La capitalisation d’une entreprise se situe aux alentours de 15 fois ses bénéfices (PER). C’est davantage pour les business (supposés) indestructibles (Coca-cola, L’Oréal, etc) et les entreprises vouées à un bel avenir de croissance tel que dans l’internet et les nouvelles technologies.

Autre cas de figure, on rencontre une capitalisation autour de 10-12 fois les profits pour les entreprises levant des doutes sur leurs capacités à accroître ou maintenir les profits dans le futur. Par exemple, IBM cote à un multiple de ses profits plus faible que celui des entreprises technologiques les plus en vue (Google, Facebook, Apple, etc).

On peut aussi rencontrer des capitalisations inférieures à 10 fois les profits avec les entreprises pour lesquelles les investisseurs prévoient un avenir sombre. Les ordres de grandeur des PER présentés dans cet article dépendent du contexte macroéconomique et évoluent dans le temps.

Définir une stratégie.

Regarder les bénéfices.

Typiquement, une des stratégies de stock-picking pourrait être d’investir sur une entreprise présentant de bonnes perspectives valorisée seulement 10 fois les profits. Attendre quelques trimestres/années que le marché prenne conscience des qualités de l’entreprise et la valorise à 15 fois ses profits, de façon à pouvoir empocher une plus-value de 50% (sans compter les dividendes distribués entre-temps). On parle parfois de GARP (growth at reasonable price) : acheter une entreprise en croissance à 10-12 fois ses profits et la revendre quand on estime que le juste prix est atteint.

S’intéresser au bilan.

Nous avons présenté ci-dessus un exemple de stratégie de stock-picking reposant sur la capacité bénéficiaire de l’entreprise. Mais une autre stratégie pourrait consister à acheter une entreprise qui perd de l’argent, mais cotant à une fraction de la valeur de ses actifs (que l’on évalue en étudiant le bilan). Le pari étant cette fois-ci que le management sera capable de couper les pertes avant une dégradation importante de la valeur des actifs, puis de retrouver une activité bénéficiaire ou pouvoir monétiser ces actifs. On trouve régulièrement des entreprises dont la capitalisation boursière est inférieure à la valeur des actifs (nette de dettes). En cas d’embellie économique, cette situation ne dure pas et la capitalisation repasse au-dessus de la valeur des actifs.

Comprendre le couple risque/opportunité.

Le ratio PER (capitalisation/profit) reflète le rendement instantané (bénéfice) que les investisseurs obtiennent à bénéfice constant. Si les obligations d’État (dites « sans risque ») offrent un rendement garanti de 3%, personne n’investira sur une entreprise, risquée par nature, avec un PER de 33 (1/33 = 3%) si l’entreprise n’offre pas de perspective de croissance des bénéfices. Ainsi, il faut bien comprendre que les multiples de valorisation (PER à 10, 12, 15, etc) n’ont de sens que dans un marché donné, en fonction du taux sans risque (taux des obligations d’états solides telles que celles de l’Allemagne, de la France, des USA, etc). Tout ces ratios varient avec le temps, l’inflation est aussi un autre facteur à prendre en compte.

Méfiez-vous des communiqués.

Les intérêts des actionnaires ne sont pas toujours alignés avec ceux des dirigeants. Un PDG nommé pour seulement quelques années, s’il est davantage intéressé par la performance (du bénéfice et du cours de l’action) à court-terme plutôt que la performance de l’entreprise sur 10-20-30 ans, risque de mener une communication embellie des résultats, ne reflétant pas toujours les réels défis et difficultés à venir. En ce sens, une entreprise où le gérant est également actionnaire peut être vue comme un bon point pour l’investisseur individuel.

Consultez l’historique de l’entreprise.

Il y a certains éléments importants pour évaluer la capacité d’une entreprise à créer de la richesse pour l’actionnaire.

  • Certaines entreprises augmentent régulièrement le nombre des actions, ces opérations diluent la participation des actionnaires. Vous devez regarder si ces opérations sont justifiées. S’il s’agit d’une augmentation de capital pour financer de l’investissement et de la croissance, c’est plutôt bénéfique pour les actionnaires. Si cette augmentation de capital intervient pour remettre à flot la trésorerie d’un business qui vacille, c’est mauvais signe.
  • Étudiez les anciennes opérations. Si l’entreprise réalise de la croissance externe, les acquisitions se font-elles avec de bons retours sur investissement ?
  • Méfiez-vous des politiques de distribution de dividende trop généreuses : en cas de difficulté économique, au mieux le dividende sera diminué, au pire, l’entreprise risque de passer par la case recapitalisation si la trésorerie est à sec.

Il faut savoir que toutes les grosses entreprises (capitalisation supérieure à 100 M€) sont suivies par de nombreux analystes. Pour cette raison, il est certainement plus difficile d’y trouver des titres sous-valorisés que parmi les petites entreprises sous les radars des analystes.

Où chercher des entreprises à analyser ?

Warren Buffett vous dirait d’ouvrir l’annuaire de la cote et de commencer à la lettre A… Mais il existe des milliers d’entreprises cotées. Voici plusieurs moyens de constituer une pré-selection pour le stock-picking :

  • Consulter les achats des plus grands investisseurs et comprendre pourquoi ils achètent (ne jamais suivre à l’aveugle).
  • Regarder les titres qui suscitent l’intérêt dans l’actualité ou sur des forums spécialisés, tel que le forum Devenir-rentier rassemblant une communauté d’investisseurs français.
  • Utiliser un screener tel que celui de Yahoo Finance. À vous de définir des critères de filtre pertinents (PER, Price/book, ROE, etc).

Diversifiez votre portefeuille actions.

Vous prenez de gros risques si vous concentrez votre portefeuille sur quelques titres seulement. Pour diluer les risques, diversifiez sur au moins 20 sociétés, pour que chacune pèse 5% au plus de votre portefeuille actions. La diversification doit porter sur le secteur (technologie, luxe, automobile, immobilier, consommation discrétionnaire, etc.) mais pensez aussi et surtout à diversifier géographiquement. Ne souffrez pas du biais domestique, qui consiste à investir 100% en France ! En effet, la France est un petit marché, elle pèse moins de 7% du tracker World. Idéalement, il faudrait une majorité d’actions Américaines et une minorité d’Européennes. De plus, vous pouvez également diversifier en devise (Euro, Dollar, etc.)

Les risques si vous ne diversifiez pas votre portefeuille actions.

Si vous ne diversifiez pas votre portefeuille actions, vous courez un grand risque car même une grande entreprise peut dérailler. On trouve plusieurs types de risque :

  • rupture technologique ou changement sociétal (exemple : Solocal, ex Pages Jaunes, complètement dépassé par l’avènement d’internet) ;
  • problème dans le management (General Electric) ;
  • fraude comptable.

Le stock-picking pour quel résultat ?

Une fois que vous aurez acquis la maîtrise de toutes les techniques et méthodes présentées dans cet article, vous saurez enfin comment investir en bourse avec succès. À l’échelle de plusieurs décennies, la progression des indices boursiers est impressionnante. 10 000 dollars investis en 1971 sur le S&P 500 représenteraient aujourd’hui environ 750 000 dollars ! En achetant tous les titres de l’indice (le principe des trackers), vous auriez pu reproduire cette performance. Aux côtés de W. Buffett, vous auriez très largement dépassé cette performance. Le stock-picker, en consacrant du temps à l’étude des entreprises, va également chercher à battre la performance des indices.

Sachez enfin que si vous n’avez ni la volonté d’étudier des entreprises, ni la prétention de battre les indices boursiers, vous pouvez profiter de la performance de la bourse en achetant des trackers. Ces derniers sont éligibles CTO, mais aussi PEA et assurance-vie.

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