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Marché obligataire, obligations Investment Grade, rendement…

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Qu’est-ce qu’une obligation ? Quel rendement peut-on en attendre ? Quels sont les caractéristiques et les risques des obligations ? Ces questions, beaucoup d’épargnants se les posent lorsqu’ils voient des fonds obligataires en assurance vie ou plan d’épargne entreprise. Les actions sont très connues (et tout le monde a une idée de ce qu’est un actionnaire), mais les obligations beaucoup moins. Et pourtant le marché obligataire a un rôle très important dans l’économie mondiale et pèse très lourd : 115 000 milliards de dollars fin 2019 (et le COVID a dû faire exploser ce compteur car plus de dettes). C’est plus que le marché des actions cotées (50 000 milliards de dollars environ). Il faut dire que les États aussi peuvent émettre des obligations, pas seulement les entreprises.

Généralement, les entreprises empruntent de l’argent afin de réaliser des investissements et financer leur croissance. Elles peuvent également emprunter pour financer un plan de restructuration de leurs activités. Un phénomène semblable se produit à l’échelle d’un pays. Ainsi, un État s’endette pour financer des infrastructures, des programmes de recherche scientifique, et tout autre projet permettant à terme d’augmenter la prospérité du pays. Les États s’endettent également pour équilibrer leur budget et financer leurs dépenses courantes. C’est le cas lorsque les revenus (impôts, taxes, etc.) sont inférieurs aux dépenses (prestations sociales, éducation, justice, sécurité, etc.), on parle de déficit budgétaire. L’État est alors contraint d’emprunter pour assurer les services qu’il s’est engagé à fournir aux citoyens. Ainsi, une obligation est un moyen pour un État, ou une entreprise, d’emprunter de l’argent. En pratique, les États et les entreprises peuvent émettre des obligations, alors que seules les entreprises peuvent émettre des actions (d’où le poids plus important du marché obligataire).

Ainsi, pour un épargnant (qui devient alors un créancier), acheter une obligation équivaut à prêter de l’argent à un État ou une entreprise. 

Nous allons tout expliquer dans notre article : pourquoi et comment investir en obligations, les différents types d’investissement obligataire, les caractéristiques des obligations, avec un focus sur les obligations High Yield (haut rendement).

SOMMAIRE

Pourquoi investir en obligations  ?

L’investisseur en obligations (le créancier) prête à un État ou une entreprise (l’émetteur), contre des intérêts (coupons). Les obligations permettent de diversifier ses sources de revenus, aux côtés des traditionnels investissements en actions et en immobilier. Cela permet aussi de diversifier son patrimoine sur un marché obligataire qui n’aura pas le même comportement que les autres marchés en cas de crise économique, d’où l’intérêt patrimonial.

En tant que créancier, l’investisseur en obligations s’expose au risque de crédit. C’est à dire le risque de ne pas être remboursé par l’émetteur en cas de défaillance (si faillite, défaut de paiement). Donc la solvabilité (capacité de rembourser ses dettes) de l’émetteur est déterminante.

Il ne faut pas confondre les obligations et les actions. Le créancier et l’actionnaire. L’actionnaire investit dans le capital d’une entreprise et en devient co-propriétaire pour en percevoir une partie des profits (sous forme de dividendes et plus-values). Alors que le créancier prête contre intérêts (coupons) en comptant sur la bonne solvabilité de l’emprunteur qui doit honorer sa dette. En pratique, on peut tout à fait être à la fois actionnaire et créancier d’une même entreprise.

Comment investir en obligations ?

On peut distinguer 4 principaux moyens pour investir en obligation.

Le fonds euro

Généralement en France on investit en obligations via le fonds euro en assurance vie (ou dans le Plan épargne retraite). Les fonds euros sont très accessibles et le capital est sécurisé (brut ou net de frais de gestion). Car ils sont composés essentiellement d’obligations de sociétés et d’États jugés sûrs : de la dette de qualité (« Investment Grade »).

Il s’agit du segment obligataire le moins risqué, donc le rendement est faible, autour de 1 à 2 % par an vu la politique monétaire des taux bas de la BCE.

Les fonds obligataires

En pratique, ces fonds sont accessibles en assurance vie (parmi les unités de compte) et en compte-titres ordinaire (CTO). Les fonds obligataires ne présentent pas tous le même couple rendement / risque.

Ainsi, on peut notamment investir en fonds d’obligations High Yield (HY). C’est de la dette de sociétés et d’États jugés moins sûrs, avec un risque de perte en capital. Il s’agit d’un segment plus risqué (et plus rentable avec une espérance de rendement annuel supérieure à 3 %) du marché obligataire. Plus risqué que les fonds d’obligations de qualité Investment Grade.

Le financement participatif (crowdfunding)

On peut prêter contre intérêts à différentes sociétés via le financement participatif (crowdfunding). Avec un rendement élevé (entre 5 et 10 % par an selon les projets des entreprises) mais investissement non dénué de risque. Car il y a un risque de défaut de paiement de la part de l’entreprise porteuse de projet.

On développe particulièrement ces investissements dans notre rubrique crowdfunding : crowdfunding immobilier, crowdlending en énergies renouvelables, ou crowdfunding agricole.

L’investissement en obligation en direct

On peut directement investir sur une obligation bien précise (par exemple les obligations Sanofi, exemple plus bas). En pratique, il faudra passer un ordre sur compte-titres ordinaire. Mais c’est le moyen le moins accessible, car c’est plus technique que les fonds d’investissement et le ticket d’entrée est généralement plus élevé (souvent plus de 10 000 € d’investissement par obligation).

Note de Nicolas : nous avons déjà bien développé les sujets du fonds euro et du crowdfunding sur Avenue des Investisseurs. Et l’investissement obligataire en direct est peu accessible et permet difficilement de diversifier. Donc nous avons plus particulièrement développé dans un autre article le sujet des fonds d’investissement en obligations High Yield, qui peuvent être un actif à part entière dans un patrimoine.

Combien investir en obligations ? Quelle part dans une allocation patrimoniale ?

Nous avons déjà vu différentes « briques » pour diversifier son patrimoine selon son allocation patrimoniale. Notamment le fonds euro, les actions et l’immobilier en constituent le cœur. L’épargne de précaution étant un matelas de sécurité fixe de quelques milliers d’euros en livret A. Et l’investissement « exotique » ou atypique (à la pointe de la pyramide patrimoniale) étant très facultatif. Rappelons que plus on monte dans cette pyramide et plus l’espérance de rendement est élevée (en contrepartie d’un risque plus élevé également).

Revenons-en aux obligations. Le fonds euro (essentiellement composé d’obligations « Investment Grade » jugées sûres) est l’investissement sécurisé généralement le mieux rémunéré en France. Pour les épargnants prudents, ce sera une bonne part de leur patrimoine. Mais même les épargnants plus offensifs (qui investissent surtout en actions et en immobilier pour chercher le rendement) auront une part en fonds euro. Ceci afin de sécuriser une partie de leur patrimoine et d’avoir des “munitions” prêtes pour investir sur les marchés.

Par ailleurs, avec un niveau de risque grosso modo situé entre le fonds euro et les actions, on peut aussi investir en obligations High Yield (HY). Historiquement, les obligations High Yield ont environ 65 % de la volatilité des actions et la corrélation entre ces deux marchés est faible (0,4). L’investissement en obligations High Yield est moins indispensable, mais peut être intéressant pour diversifier sur un actif au comportement différent.

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Enfin, le crowdfunding peut être situé à la pointe de la pyramide et ne doit pas dépasser 10 % d’un patrimoine. Et à condition de diversifier sur au moins 10 projets.

Le portefeuille financier des Américains

Pour information, le célèbre investisseur Warren Buffett recommande d’équilibrer constamment son portefeuille financier entre actions et obligations. Par exemple, un jeune épargnant américain pourra avoir une allocation 70 % actions / 30 % obligations (horizon d’investissement long terme). Alors qu’un senior aura une allocation 20 % actions / 80 % obligations (moins d’actions car horizon d’investissement naturellement plus court). 

Souvent, les Américains investissent une part de « 100 – leur âge » en actions. Donc 70 % actions à 30 ans (100 – 30), 50 % actions à 50 ans (100 – 50), 20 % actions à 80 ans (100 – 80). Le reliquat étant investi en obligations.

Note de Nicolas : les Américains investissent bien davantage en actions que les Français, car ils n’ont pas notre système de retraite par répartition et doivent donc capitaliser au mieux sur le long terme. Cela oblige à avoir une toute autre mentalité et les actionnaires ne sont pas diabolisés. Et il n’y a pas de fonds euro aux USA pour investir en obligations, donc c’est généralement sous format de fonds d’investissement obligataires. 

Les caractéristiques d’une obligation

Avant de présenter les différents types d’obligation, il est important de comprendre les caractéristiques de ce produit. Ainsi que son vocabulaire qui lui est propre, un jargon financier que l’on va clarifier. Il y a 3 éléments qui caractérisent une obligation :

  • la valeur nominale : la valeur de l’obligation lors de son émission. Acheter au « pair » revient à acheter l’obligation à sa valeur nominale. On peut aussi acheter après l’émission de l’obligation au-dessus ou sous le pair. À terme, l’obligation est remboursée au pair, c’est à dire à sa valeur nominale (sauf en cas de défaillance de l’émetteur de l’obligation : entreprise ou État) ;
  • la maturité : c’est la durée du prêt ;
  • le coupon : c’est le taux d’intérêt. Ainsi, on peut déterminer le montant que l’investisseur recevra périodiquement car il détient l’obligation.

Par exemple, une obligation émise a une valeur nominale de 1 000 €, une maturité de 2 ans et un coupon annuel de 5 %. Arrivée à maturité, l’investisseur sera remboursé de 1 000 €. De plus, il recevra 50 € d’intérêt par an (5 % de coupon annuel). Au total, au bout de 2 ans, l’investisseur recevra 1 000 € + 2 x 50 € = 1 100 €.

Pourquoi différents taux obligataires ?

Ce qui explique les différences de taux entre les obligations, c’est la prime de risque de l’émetteur. Pour rappel, l’émetteur peut être un État ou une société. Cette prime de risque est fonction de la probabilité que l’émetteur ne nous rembourse pas notre argent (le « risque de défaut »). Plus cette prime est élevée, plus le coupon qui nous sera proposé dans l’obligation sera élevé. En effet, tout investissement risqué doit être récompensé par un rendement important. Par exemple, la France a la réputation d’avoir une excellente “signature”, donc emprunte à des taux très faibles, proches de 0 % sur 10 ans. Alors que la Grèce emprunte autour de 2 % sur 10 ans et le Nigeria autour de 12 %.

Un autre élément extérieur vient influencer la valeur d’une obligation. C’est le taux d’intérêt du marché déterminé par la banque centrale. Plus le taux du marché est faible et plus le marché obligataire est sensible.

Le spread est la différence de taux (souvent exprimée en point de base) entre une obligation et une obligation d’État sans risque (prise comme référence). Le spread permet de réaliser des comparaisons relatives entre différents émetteurs de dette. Le spead permet de voir si la situation économique spécifique d’un émetteur (ou tout du moins le sentiment des investisseurs) se dégrade ou non vis-à-vis de ses pairs.

L’impact de l’évolution des taux

Lorsque les taux d’intérêt baissent, le prix de l’obligation émise grimpe. Et lorsque ces taux augmentent, la valeur de l’obligation émise diminue. Le principe est qu’après une hausse des taux, les nouvelles obligations émises auront des coupons supérieurs aux précédentes. Disons que je vends une obligation à un prix de 1 000 € et un coupon de 5 %. Après une hausse des taux, une autre obligation est émise avec une même maturité et un coupon de 6 %. Cette nouvelle obligation apporte une rémunération plus élevée aux investisseurs. Donc l’obligation que je vends perd de sa valeur. Si je veux la vendre, je vais devoir baisser son prix à 990 € par exemple (l’impact dépend de la maturité de l’obligation).

Le prix de l’obligation peut donc évoluer à la baisse ou à la hausse durant sa vie comme on l’explique ci-dessus mais il rejoint la valeur nominale de l’obligation à l’approche de son remboursement. On comprend ici la relation entre les taux et le prix d’une obligation. (Cela ne s’applique pas vraiment aux obligations High Yield, on l’expliquera ensuite).

Les fonds euros sont des fonds composés d’un panier d’obligations. Le rendement des fonds euros est en baisse depuis des années. Pourquoi ? Car les anciennes obligations avaient un taux élevé mais arrivent à maturité. Et elles sont progressivement remplacées par de nouvelles obligations émises avec des taux bas (suite à la politique monétaire accommodante de la Banque Centrale Européenne). Pour contrecarrer la baisse inéluctable des rendements des fonds euros, certains assureurs ont créé de nouveaux fonds euros composés d’obligations mais aussi dopés aux actions et à l’immobilier. Par exemple Spirica avec le fonds euro Nouvelle Génération de Linxea Spirit 2.

Note de Nicolas : si le cours de l’obligation évolue au cours de sa vie, l’investisseur patient ne le subira pas car le cours rejoindra le nominal à sa maturité. Cela vaut pour les obligations à taux fixe. Et pour les obligations à taux variable, c’est la valeur du coupon qui va évoluer, et non la valeur de l’obligation.

Comment comparer des obligations ?

Le yield to maturity et la duration sont deux mesures permettant de comparer des obligations à caractéristiques différentes. 

Le Yield to maturity

Le Yield to Maturity (YTM) est le rendement que l’acheteur d’une obligation peut espérer s’il la détient jusqu’à maturité (c’est-à-dire jusqu’à son remboursement). Ce rendement dépend de la valeur courante de l’obligation (la valeur à laquelle un acheteur peut l’acquérir sur le marché), de sa valeur de remboursement et de son coupon. Le Yield to Maturity peut être différent du taux délivré par le coupon si on achète l’obligation après son émission. C’est d’ailleurs mathématiquement le cas dès que la valeur de l’obligation s’éloigne de sa valeur d’émission.

Si l’obligation se négocie sous son cours de rachat à échéance, le YTM sera supérieur au taux du coupon (et inversement). Ainsi, une obligation peut proposer un rendement YTM de 1,3 % alors qu’elle délivre un coupon de 1 %. Le rendement YTM est donc une mesure plus pertinente pour comparer des obligations de caractéristiques différentes. Si l’épargnant achète une obligation au moment de son émission et souhaite la conserver jusqu’à son remboursement, il sera intéressé par le taux du coupon mais ne prêtera pas trop d’attention au YTM.

La duration

La duration mesure la variation du prix de l’obligation lors d’une baisse ou d’une hausse des taux d’intérêts (les taux d’intérêts du marché au sens large). Lorsque les banques centrales baissent (augmentent) les taux d’intérêts, généralement le prix des obligations augmentent (baissent). La duration indique la sensibilité d’une obligation face à un changement des taux d’intérêt. Par exemple, une obligation ayant une duration de 3 % verra son prix grimper de 3 % si les taux d’intérêts baissent de 1 %. À l’inverse, si les taux d’intérêt augmentent de 1 %, le prix de cette obligation baissera de 3 %. La duration peut être exprimée en % ou en nombre d’années. Plus la duration est élevée, plus l’obligation sera sensible aux changements de taux d’intérêts. 

Plus la maturité est élevée et plus la valeur de l’obligation est sensible à l’évolution des taux. Concernant le coupon, plus il est faible et plus la valeur de l’obligation est sensible à l’évolution des taux. Enfin, plus le taux du marché est faible et plus le marché obligataire est sensible (effet convexité). La duration d’une obligation dépend donc de ces 3 éléments : maturité, coupon et taux de marché. Ainsi, une maturité longue, un faible coupon et un taux de marché bas entraînent une sensibilité importante.

Les différents investissements obligataires (Investment Grade, High Yield, etc.)

Il existe différentes catégories d’obligations et différents types d’investissement en obligations. Du plus commun pour nous Français : le fonds euro, composé en bonne partie d’obligations de sociétés et d’États jugés sûrs (qualité Investment Grade). Au moins commun (mais avec espérance de rendement plus élevée) : les obligations High Yield. Tout d’abord, un point sur les agences de notation.

Les agences de notation

Ce sont des agences de notation qui déterminent la prime de risque de l’émetteur. Les 3 plus grandes agences sont Standard and Poor’s, Moody’s et Fitch Ratings. Elles attribuent des notes à toutes les obligations qui sont émises sur le marché (États et sociétés). Ainsi, les investisseurs savent à quoi s’attendre sur le niveau de risque :

  • les obligations notées entre AAA (la meilleure note) et BBB- sont appelées Investment Grade (IG). Elles sont considérées comme étant de bonne qualité. C’est à dire que l’émetteur est jugé solide financièrement (au niveau de la solvabilité), donc il y a une faible probabilité de défaut de remboursement.
  • les obligations notées BB+ à C sont beaucoup plus risquées et spéculatives. Ces obligations dites High Yield ou « Junk Bonds » sont donc mieux rémunérées.

Les obligations d’État (bons du Trésor)

Les bons du Trésor sont émis par le Trésor Public d’un État. On les appelle aussi obligations d’État ou obligations souveraines. Les obligations d’État peuvent concerner des pays développés ou des pays émergents. En fonction du pays qui émet l’obligation, le coupon proposé à l’investisseur sera plus ou moins élevé. En effet, le concept de la prime de risque s’applique ici. 

Prêter à un pays comme les États-Unis apparaît comme une stratégie sécurisée. Le gouvernement Américain n’a jamais fait défaut sur ses remboursements d’obligations. Par conséquent, la rémunération (coupon) d’une obligation Américaine sera faible. À l’inverse, l’Argentine a eu par le passé de nombreuses difficultés à s’acquitter de ses créances. Et la situation financière du pays est toujours instable. Ainsi, il y a un risque non négligeable de perte de capital en prêtant à ce pays. Une obligation émise par l’Argentine aura donc un coupon plus élevé. 

Note de Nicolas : il existe maintenant un tracker pour investir en obligations d’État de la zone Euro : le Lyxor PEA Obligations d’Etat Euro (FR0013346681). Surprenant de pouvoir investir en obligations sur le PEA (plan d’épargne en ACTIONS), mais ce tracker est pourtant bien éligible au PEA car réplication synthétique ! Attention ce tracker est sensible au risque de taux, donc en cas de remontée des taux, le cours de ce tracker baissera. Pour investir sur ce segment des obligations jugées sûres, sans le risque de perte en capital (brut de frais de gestion) on privilégiera le fonds euro en assurance vie

Les obligations Investment Grade (IG)

Les obligations Investment Grade sont des obligations de qualité, émises par : 

  • des États “avec une belle signature” (France, Allemagne, USA, etc.) ;
  • de grandes sociétés solides (comme sanofi, Total, Microsoft ou l’Oréal). Ces obligations “corporates” offrent des coupons plus ou moins équivalents aux obligations d’États les mieux notés.

Exemple des obligations SANOFI émises en 2019

Obligations SANOFI

On remarque que Sanofi a émis 3 obligations différentes avec 3 maturités différentes. En toute logique, plus l’échéance est lointaine (maturité jusqu’à 2034), plus le rendement offert est élevé (jusqu’à 1,25 %). Ceci dit, le rendement est bas, car Sanofi est réputée être une société solide financièrement (très solvable), encore plus que certains États européens !

Note de Nicolas : le covid-19 a mis à l’arrêt l’économie mondiale en 2020. Les banques centrales ont alors privilégié une politique monétaire de relance avec des taux d’intérêts faibles. Par conséquent le prix des obligations déjà sur le marché a augmenté. Néanmoins, les nouvelles émissions d’obligations Investment Grade (IG) ont des rendements moins attractifs, vu le contexte de taux bas. Rares sont ceux qui conseillent actuellement d’acheter des obligations IG, car les coupons proposés sont faibles et en cas de remontée des taux on s’expose à la baisse de la valeur de ces obligations.

Les obligations High Yield (HY)

Les obligations High Yield proposent des coupons plus élevés que celles citées précédemment. Ce n’est pas le même couple rendement / risque. En effet, leur prime de risque est plus élevée car elles sont émises par des pays (Vénézuela, Grèce, Angola, etc.) ou des entreprises (Nokia, Europcar, etc.) qui n’ont pas une excellente santé financière. Leur solvabilité a été jugée moins bonne par les agences de notations, donc il y a une probabilité non négligeable que ces émetteurs ne remboursent pas leurs obligations. 

Il y a High Yield et High Yield. Les obligations high yield les mieux notées (le “haut du panier”) ont quand même une bonne probabilité d’être remboursées, donc le coupon sera attractif (autour de 4 %) sans être très élevé. Alors que les pires junk bonds (le “fond du panier” du high yield) sont très spéculatives et peuvent distribuer des coupons annuels supérieurs à 10 %.

Malgré le risque de défaut plus élevé, les obligations HY peuvent s’avérer être un bon produit de diversification. Généralement, les obligations High Yield américaines présentent un couple rendement / risque supérieur aux obligations HY européennes. On développe cet investissement en obligations High Yield ici.

Note de Nicolas : pour le segment High Yield, baisse des taux n’est pas forcément synonyme de hausse du cours des obligations. Car si une baisse des taux vient d’une mauvaise situation économique, ce signal effraie les investisseurs et les obligations HY peuvent avoir tendance à perdre en valeur dans ces moments là. En bref, l’évolution des prix d’obligations HY est différente de celle des obligations IG. 

Les obligations convertibles

L’obligation convertible propose un coupon plus faible qu’une obligation classique. En échange de cette rémunération réduite, l’entreprise offre la possibilité à l’investisseur de convertir son obligation en action de la société. Si le prix de l’action grimpe, l’investisseur peut profiter du gain en capital en échangeant son obligation. À l’inverse, si le cours de l’action chute, il est plus intéressant de conserver l’obligation afin de recevoir le coupon.

L’obligation convertible est donc un investissement hybride qui donne le choix à l’investisseur de tenir le rôle de créancier ou d’actionnaire.

Pour investir en obligations convertibles, on trouve des fonds spécialisés parmi les unités de compte des bonnes assurances vie.


Finalement, il y a de nombreux moyens d’investir en obligations pour diversifier son patrimoine financier. Des très courants fonds euros (pour l’épargne sécurisée, à l’espérance de rendement autour de 1 à 2 %) au crowdfunding (investissement plus risqué, entre 5 et 10 % par an sur 2 ans en moyenne), en passant par les fonds d’obligations High Yield (pour du long terme, plus de 3 % d’espérance de performance annuelle).

Encore une fois, l’assurance vie est l’enveloppe incontournable pour investir, à la fois en fonds euro et en fonds d’obligations High Yield (notre sélection des meilleures assurances vie). Et pour le crowdfunding, il faut passer par des plateformes spécialisées et il y en a pour tous les goûts : financement participatif de projets immobiliers, de projets agricoles, ou dans les énergies renouvelables.

Nous remercions Cédric et Travis (leurs profils LinkedIn) pour leur concours à la rédaction de cet article. Ce sont 2 fidèles lecteurs qui étaient déjà intervenus pour expliquer la création d’un club d’investissement.

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