Choisir les meilleurs placements pour son épargne et bien investir

Meilleures actions PEA en 2026 : dividendes, croissance et top valeurs européennes

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Si on fait du stock-picking, être constamment à la recherche des meilleures actions en PEA est plutôt sain. Une entreprise peut être excellente aujourd’hui et beaucoup moins intéressante demain parce que tout évolue trimestre après trimestre (résultats, concurrence, dette, valorisation, décisions du management, etc.). L’erreur, c’est de tomber dans le piège du classement magique : 20 noms, un portefeuille, et on croise les doigts pendant 15 ans.

La première raison de chercher les meilleures actions dans son plan d’épargne en actions (PEA), c’est de faire mieux qu’un indice de référence (ex. CAC 40, STOXX Europe 600, etc.). Autrement dit, si on se lance en actions en direct c’est pour viser un surcroît de performance (alpha)… sinon, autant rester sur des ETF avec une meilleure performance nette de charge mentale pour un investissement long terme.

📌 Concrètement, les meilleures actions pour un PEA sont celles qui combinent :

  • Un business rentable : la société transforme durablement ses ressources en profits (ROE, marges, croissance du résultat net, etc.) et pas seulement une année sur deux.
  • Un risque financier maîtrisé : la dette reste gérable même si le cycle économique se retourne (dette nette/EBITDA, dettes/actifs, etc.).
  • Un prix d’achat cohérent : une excellente entreprise peut être un mauvais investissement si on la surpaye (PER/PEG, Prix/Cash-flow, Prix/Ventes, etc.).

💡 Ces critères n’ont de sens qu’avec une stratégie définie : Value, Growth, GARP, Quality, Momentum, big/mid/small caps… ce sont des grilles de lecture qui aident à rester cohérent (et à comprendre pourquoi certaines actions montent ou baissent ensemble).

Derrière ces styles, on retrouve des approches popularisées par des investisseurs comme Warren Buffett ou Peter Lynch, mais l’idée reste la même : savoir ce que l’on achète, et pourquoi.

Note de Louis : au-delà du choix des meilleures actions dans le PEA, le plus important reste l’allocation patrimoniale globale. Donc en pratique, toutes enveloppes confondues (meilleurs PEA, meilleures assurances vie, meilleurs PER, meilleurs CTO, etc.), quelle part de notre patrimoine est investie en actions, obligations, immobilier, or, et crypto ? Sur 10 ans et plus, c’est ça qui pèse le plus sur le résultat final.

SOMMAIRE

Quelles sont les meilleures actions pour son PEA ? Tableau récapitulatif

🇪🇺 Avant de parler des meilleures actions à mettre dans son PEA, il faut clarifier un point souvent oublié. Sur le papier, il existe des milliers d’actions européennes éligibles au PEA. Mais dans le monde libre, vous n’avez pas forcément accès à toutes les actions selon le courtier chez qui vous ouvrez votre PEA.

Choisir le meilleur PEA pour acheter les meilleures actions

Ce qui change d’un PEA à l’autre, ce sont notamment les frais, l’accès aux places (ex. Euronext), les titres disponibles, l’ergonomie de l’interface… et quelques options pratiques (ex. investissements programmés).

🏆 Selon nous, les meilleurs PEA tous critères confondus sont ceux de Fortuneo (voir l’offre) et Saxo Banque (voir l’offre) pour les profils débutants, et le PEA d’IBKR (voir l’offre) pour les investisseurs aguerris.

Les principales actions éligibles au PEA selon les secteurs

Quelles actions acheter aujourd’hui en PEA ? Schneider Electric, Air Liquide, LVMH, ASML, Neurones, Amundi, etc. ? Ci-dessous, une shortlist des meilleures actions européennes éligibles au PEA (ce n’est pas une liste magique, mais une base de travail pour faire son propre tri).

Information générale : cet article a une vocation pédagogique et ne constitue pas une recommandation d’achat/vente, ni un conseil en investissement personnalisé. Chacun doit faire ses propres vérifications et, si besoin, se faire accompagner par un CGPI.

Secteur Exemples d’actions Commentaires
🏗️ Industrie, ingénierie & équipements Vinci, Bouygues, Schneider Electric, Legrand, Prysmian, Nexans, Siemens, Rexel, SPIE, Eiffage, Alstom, Bureau Veritas, Delta Plus, Ipsos, etc. Souvent des leaders solides, mais l’activité future dépend des commandes (construction, projets, investissements des clients).
🧱 Matériaux, chimie & construction Air Liquide, BASF, Solvay, Arkema, Umicore, Heidelberg Materials, CRH, Buzzi, Vicat, Verallia, Saint-Gobain, etc. Très sensible au cycle industriel et aux coûts d’énergie (quand ça ralentit, les marges peuvent se comprimer).
🧬 Santé & pharma Sanofi, Novo Nordisk, Eurofins Scientific, Sartorius Stedim Biotech, UCB, Ipsen, bioMérieux, Grifols, Guerbet, etc. Secteur défensif mais chaque entreprise a ses propres risques (brevets, essais cliniques, autorisations, remboursement).
👜 Luxe & consommation discrétionnaire LVMH, Hermès, L’Oréal, Kering, Moncler, Brunello Cucinelli, Christian Dior, Rémy Cointreau, JD Sports Fashion, Zalando, Catana, etc. Quand la marque a un fort pricing power, l’entreprise peut relever ses prix sans perdre beaucoup de clients (tant que le désir de marque tient).
🛒 Consommation de base Ahold Delhaize, Carrefour, Jerónimo Martins, Colruyt, Danone, Heineken, AB InBev, Carlsberg, Pernod Ricard, Beiersdorf, etc. Demande plutôt régulière, mais marges souvent sous pression (matières premières, emballages, promotions, concurrence).
🛢️ Énergie TotalEnergies, Eni, Repsol, OMV, Galp, Equinor, Neste, Aker BP, Rubis, Maurel & Prom, Fugro, etc. Cash-flows très dépendants du prix pétrole/gaz et de la géopolitique (cycle puissant dans les deux sens).
⚡ Utilities (électricité, réseaux, renouvelables) Iberdrola, Enel, Engie, RWE, Ørsted, EDP, EDP Renováveis, Verbund, etc. Activités régulées et très investisseuses (le coût de la dette et les règles de tarifs pèsent sur la rentabilité).
💻 Technologie (logiciels / semi-conducteurs) ASML, SAP, STMicroelectronics, Dassault Systèmes, Infineon, ASM International, Adyen, BE Semiconductor Industries, Aubay, Neurones, IT Link, EVS, etc. Potentiel de croissance élevé, mais les cours bougent vite (cycles, attentes, multiples de valorisation).
✈️ Aéronautique & défense Airbus, Safran, Thales, Dassault Aviation, Leonardo, Rheinmetall, Saab, Hensoldt, etc. Visibilité quand les carnets sont pleins, mais le vrai risque est l’exécution (retards, coûts, supply chain, qualité).
💶 Financier BNP Paribas, Crédit Agricole, Société Générale, AXA, Allianz, Munich Re, Generali, Intesa Sanpaolo, SCOR, Coface, Amundi, Viel & Cie, etc. Très sensible aux taux et au risque de défaut (marge d’intérêt, crédit immobilier/entreprises, sinistralité).
🏢 Immobilier Gecina, Icade, Unibail-Rodamco-Westfield, Klepierre, Covivio, Vonovia, LEG Immobilien, Merlin Properties, Carmila, Kaufman & Broad, etc. Les valorisations bougent beaucoup quand les taux bougent.
📡 Services de communication Orange, Deutsche Telekom, Telefónica, Iliad, Proximus, Elisa, Telenor, Telecom Italia, NOS, TF1, M6, HighCo, etc. Revenus souvent récurrents, mais investissements permanents (fibre, 5G, antennes, licences, maintenance, etc.).

🎯 Si on veut vraiment viser les meilleures actions en PEA, on commence par :

Le plus difficile n’est pas de trouver les meilleures actions pour son PEA, mais de tenir la méthode : suivre les résultats, réévaluer sa thèse quand les faits changent, ajuster ses lignes si nécessaire… et rester cohérent sur dix ans et plus.

Dans la vraie vie, cela peut représenter des dizaines d’heures d’analyse et de gestion par an, des périodes de doute, et une question qui revient toujours : pour quel niveau de stress… et avec quelle garantie de faire mieux que le marché ?

Note de Nicolas : comme je le répète depuis le début d’ADI en 2018, pour la majorité d’entre nous les actions internationales en PEA (avec des ETF comme l’ETF World) sont la meilleure solution. Et si on a envie de se faire plaisir avec des investissements de conviction (c’est humain), on peut avoir un “bac à sable” de 10 % maximum du PEA pour quelques actions en direct.

Comment choisir les meilleures actions pour son PEA ? Analyse fondamentale

Il n’existe pas une liste universelle des meilleures actions à mettre dans son PEA. Une action peut être excellente… puis devenir moyenne si sa croissance ralentit, si sa dette gonfle, ou si le marché la surpaie. Donc la vraie question, c’est quelle méthode on applique pour sélectionner (puis suivre) des entreprises, sans tomber dans le piège du classement magique.

Pourquoi faire du stock-picking ?

🔎 Choisir des actions une par une n’a de sens que si on veut tenter de faire mieux qu’un indice boursier (donc générer de l’alpha). Sinon, un ETF World ou S&P 500 fait mieux le job avec moins de charge mentale. Donc avant de chercher les meilleures actions PEA, on se pose 2 questions :

  • Est-on prêt à suivre sérieusement 10 à 20 actions pendant plusieurs années/décennies ? En pratique, au-delà d’une vingtaine de lignes, le suivi rigoureux devient rapidement trop chronophage (et sans apporter de gain significatif en diversification).
  • Est-ce qu’on accepte l’imperfection ? Même avec une bonne méthode, on aura des erreurs : parfois on achète trop tôt, parfois on se trompe sur le scénario, parfois le marché met 3 ans à “récompenser” une idée.

L’important, c’est de limiter les dégâts (diversification, poids raisonnable de chaque action dans le portefeuille) et d’avoir un plan bien défini.

Note de Louis : c’est le vrai test de lucidité, car si on fait du stock-picking pour finir moins bien qu’un ETF, on a perdu sur les deux tableaux (la performance et le temps). Ce temps aurait pu servir à augmenter ses revenus, développer un projet, ou tout simplement profiter de la vie. Autrement dit le stock-picking n’est intéressant que si on a une méthode, une discipline… et qu’on accepte un fort coût d’opportunité.

Utiliser l’analyse fondamentale pour choisir ses actions PEA

🧭 Avant de chercher les meilleures actions PEA, on commence par une étape très concrète : filtrer intelligemment. Sinon, on se retrouve à analyser des milliers de valeurs au hasard.

Pour gagner du temps, on utilise donc des screeners capables de trier par rentabilité, dette, valorisation et secteur, comme Zonebourse, Yahoo Finance, Investing.com, Morningstar, TradingView, Finviz, Google Finance, etc. Ensuite seulement, on passe à l’analyse à la main sur une shortlist réduite.

Filtrer la qualité du business : rentabilité et génération de cash

➡️ Au niveau quantitatif, on cherche une société capable de créer de la valeur de façon répétable au fil des années :

  • Rentabilité économique et marges. Ces ratios répondent à une question simple : “avec l’argent et les moyens qu’elle utilise, est-ce que l’entreprise génère beaucoup de profit ?”. À moyens comparables (capital, équipes, outils), on préfère l’entreprise qui transforme le mieux ces moyens en profits.
  • Réel cash-flow : un bénéfice comptable ne suffit pas. On veut vérifier que l’argent rentre vraiment. Une entreprise peut afficher un bon résultat et manquer de trésorerie (stocks, clients qui payent tard, investissements lourds…). Or, c’est le cash qui finance la croissance, les dividendes, le désendettement et les rachats d’actions.

➡️ Ensuite, on ajoute une couche qualitative : est-ce que l’entreprise a un avantage concurrentiel défendable (le moat en Bourse) ? Marque, brevets, effet réseau, coûts de changement, économies d’échelle, écosystème… Si un concurrent copie l’offre, est-ce que les clients restent quand même ?

Note de Louis : il faut également garder le réflexe essentiel de comparaison au secteur et aux concurrents. Par exemple, une marge de 10 % peut être excellente dans la distribution et banale dans un logiciel.

Contrôler le risque : dette maîtrisée et bilan solide

Une entreprise peut être rentable… et quand même dangereuse si elle est financièrement fragile. En effet, la dette ressemble à une mensualité fixe et si l’activité ralentit, la mensualité ne baisse pas.

L’objectif n’est pas de fuir toute dette (certains secteurs en ont structurellement), mais d’éviter les entreprises qui n’ont pas une marge de sécurité suffisante pour encaisser un mauvais scénario.

➡️ Pour ça, on s’appuie sur quelques ratios très parlants :

  • Dette nette / EBITDA. On peut le lire comme “combien d’années de profit opérationnel (avant intérêts, impôts, amortissements) il faudrait pour rembourser la dette”, si les résultats restaient stables. Plus le chiffre est élevé, plus l’entreprise est dépendante du fait que tout se passe bien.
  • Couverture des intérêts. C’est une question simple : “est-ce que l’entreprise gagne largement assez pour payer les intérêts de sa dette ?”. Si elle doit déjà serrer les dents pour payer ses intérêts, un trou d’air peut vite devenir problématique.
  • Trésorerie et échéancier de la dette. Même une dette raisonnable peut devenir gênante si beaucoup de remboursements arrivent en même temps. On fait donc attention aux périodes où l’entreprise doit refinancer une grosse partie de sa dette (surtout quand les taux montent ou que les banques deviennent frileuses).

Note de Louis : un ROE (rentabilité des capitaux propres) très élevé peut être une vraie performance… mais il peut aussi être boosté par la dette. Donc quand une rentabilité paraît trop belle, le réflexe sain consiste à remonter au bilan et à analyser la structure du passif.

Évaluer le prix : une valorisation cohérente avec sa stratégie

➡️ La valorisation, ce n’est pas payer le moins cher possible une action. C’est payer un prix cohérent avec la croissance, la stabilité et le risque, donc un prix cohérent par rapport à la valeur reçue :

  • PER et PEG : le PER (Price Earning Ratio) se lit comme “combien le marché paie pour 1 € de bénéfice”. Un PER élevé n’est pas forcément trop cher si la croissance et la qualité suivent, mais il laisse moins de marge d’erreur si la croissance déçoit. Le PEG (PER rapporté à la croissance) aide à remettre le multiple en face d’un scénario : plus le PEG est élevé, plus on paie cher la croissance.
  • Prix / Cash-flow : utile pour vérifier si l’entreprise génère vraiment du cash (et pas seulement un bénéfice comptable). Souvent pertinent sur des business matures avec des liquidités ou, au contraire, des secteurs où les investissements (capex) peuvent avaler une partie des profits. Plus l’entreprise convertit bien ses profits en cash, plus le multiple a du sens.
  • Prix / Ventes : intéressant quand les bénéfices sont volatils (cycle), temporairement déprimés… ou même négatifs. Mais il faut le lire avec les marges car payer cher le chiffre d’affaires (CA) n’a de sens que si l’entreprise a (ou peut construire) des marges solides et durables.

À titre d’image, une super maison peut être une mauvaise affaire si on la paie deux fois le prix du quartier.

Note de Louis : un ratio tout seul ne veut pas dire grand-chose. On le remet en contexte : comparaison au secteur, aux principaux concurrents, et souvent à l’historique de l’entreprise. Et si c’est trop cher aujourd’hui, on met en watchlist, on surveille… et on attend une fenêtre d’investissement plus favorable.

Utiliser l’IA générative intelligemment (sans hallucinations)

🤖 Les grands modèles de langage d’OpenAI, Google, Anthropic, Mistral, etc. peuvent faire gagner un temps précieux dans l’analyse… à condition de les utiliser comme des assistants, pas comme des gourous. Concrètement, la bonne approche consiste :

  • d’abord à fournir systématiquement les sources primaires les plus récentes (rapport trimestriel, présentation investisseurs, communiqué de résultats), plutôt que de poser des questions vagues.
  • puis demander un plan d’analyse structuré (quantitatif + qualitatif), plutôt qu’un avis “j’aime / j’aime pas”.

💡 Pour optimiser la pertinence des réponses, il est essentiel d’inscrire une règle claire dans le prompt type : “si l’information n’apparaît pas explicitement dans les documents fournis, le modèle doit répondre inconnu / non communiqué, sans extrapoler ni compléter avec des suppositions.”

Meilleures actions PEA à dividendes : viser la rente… sans tomber dans les pièges

Les actions à dividendes permettent de créer un flux de revenus tout en laissant une chance à la plus-value si l’entreprise progresse.

Note de Louis : il serait possible de dresser une liste des meilleures actions à dividendes éligibles au PEA (AXA, Amundi, TF1, M6, etc.), mais ce type de classement devient rapidement obsolète. Il nécessiterait une mise à jour régulière au fil des trimestres (un travail qui relève du métier d’analyste financier, alors qu’ici l’objectif est avant tout la vulgarisation financière).

Bien comprendre la stratégie à dividendes

⚠️ Un dividende n’est pas un cadeau, c’est une distribution de bénéfices et/ou réserves qui sort de la société vers l’actionnaire. Et lors du détachement, le cours s’ajuste à la baisse d’environ ce montant (toutes choses égales par ailleurs).

Donc les meilleures actions PEA à dividendes ne sont pas celles qui affichent le rendement le plus haut, mais celle qui versent un dividende soutenable et croissant dans le temps.

➡️ Concrètement, deux ratios simples évitent déjà la plupart des erreurs :

  • Le rendement (dividende annuel / cours en Bourse) : un repère souvent raisonnable se situe entre 2 % et 8 %. Au-delà, c’est parfois le signe que le cours a chuté (donc que le marché anticipe un problème).
  • Le payout ratio (taux de distribution) : c’est la part du bénéfice redistribuée. En pratique, un payout durablement très élevé laisse peu de marge pour investir, traverser un trou d’air ou simplement maintenir le dividende. Il est souvent préférable de rester dans des zones du type 20 % à 70 % (avec toujours une lecture sectorielle car certaines activités distribuent naturellement plus que d’autres).

Note de Louis : la stratégie dividendes fonctionne surtout quand elle reste simple. Il faut éviter les rendements trop beaux, privilégier la solidité, et accepter que ce soit parfois moins spectaculaire qu’une stratégie de croissance… mais souvent plus confortable à tenir dans les baisses. Et si le suivi devient trop chronophage, le duo ETF + petite poche d’actions de conviction reste souvent le meilleur rapport sérénité/efficacité. Notre article à lire : Actions à fort dividende : une fausse bonne idée ?

Le dividende est un critère parmi d’autres

Mais même ces ratios ne valent rien si le socle est fragile. Une action à dividendes est d’abord une entreprise rentable, capable de générer du cash et de gérer sa dette.

📈 En pratique, le critère le plus sous-estimé sur les dividendes, c’est la croissance du dividende. Le coup de magie n’est pas le rendement affiché aujourd’hui, mais la capacité d’une entreprise à augmenter progressivement son dividende (sans se mettre en danger).

Sur le long terme, cela peut produire un effet très puissant car à mesure que le dividende grossit, le rendement sur prix d’achat peut devenir très élevé (c’est le principe du yield on cost, rendu célèbre par l’exemple Coca-Cola/Warren Buffett).

Meilleures actions de croissance pour PEA : chercher la performance… sans surpayer l’avenir

Une action croissance (growth), ce n’est pas juste une action qui monte. C’est typiquement une entreprise qui réinvestit une grande partie de ses profits pour grandir plus vite : innovation, expansion, acquisitions, conquête de parts de marché.

Ces sociétés versent souvent peu (ou pas) de dividendes, parce que l’argent est jugé plus utile dans le business que hors du business. En contrepartie, l’investisseur espère une hausse des bénéfices futurs… donc une hausse du cours à long terme.

Note de Louis : on pourrait aussi citer les meilleures actions de croissance éligibles au PEA (ASML, LVMH, Schneider Electric, Neurones, Viel & Co, etc.), mais encore une fois l’objectif ici est surtout d’apprendre à pêcher plutôt que de distribuer du poisson (des listes toutes faites qui vieillissent souvent très vite).

Bien comprendre la stratégie “à plus-values”

Le point clé, c’est que la croissance se paie. Et parfois très cher. Sur ces valeurs, le risque n’est pas seulement que l’entreprise se dégrade, c’est aussi que le marché devienne moins enthousiaste. Une entreprise peut continuer à bien exécuter… et voir son cours stagner (ou baisser) si la valorisation se normalise.

💸 C’est pourquoi l’approche la plus saine ressemble à du GARP (Growth At Reasonable Price) : accepter de payer une prime pour une belle croissance, mais refuser de payer n’importe quel prix. Ici, la discipline consiste à relier la valorisation à des éléments concrets (croissance du chiffre d’affaires, progression des marges, génération de cash, et solidité du bilan).

Comme toujours, la croissance n’est pas uniforme. Certaines entreprises ont un vrai avantage concurrentiel (marque, coûts de changement, technologie, réseau, écosystème) qui rend la croissance plus défendable.

Les entreprises à forte croissance sont partout dans le monde

🌎 Le PEA offre un cadre fiscal intéressant… mais il a une contrepartie : il est essentiellement limité aux actions européennes (et à certains ETF éligibles). Or, une grande partie des entreprises de croissance mondiales se trouve hors d’Europe, et notamment aux États-Unis. D’où deux approches simples et cohérentes :

  • Approche PEA only : utiliser un ETF World éligible au PEA comme socle (pour capter la dynamique mondiale, y compris américaine via la réplication), puis ajouter une poche d’actions européennes de croissance si l’on souhaite faire du stock-picking.
  • Approche PEA + CTO : conserver dans le PEA un ETF Monde pour le cœur du portefeuille et réserver le compte-titres ordinaire (CTO) au stock-picking sur les meilleures actions américaines.

Note de Nicolas : le PEA étant réservé aux personnes physiques, un chef d’entreprise peut aussi investir via sa société (opérationnelle) et/ou sa holding patrimoniale, notamment pour faire du stock-picking dans un CTO personne morale. Cf. notre article sur les meilleurs placements de trésorerie d’entreprise.

Exemple de portefeuille PEA : ETF pour le socle, actions pour les convictions

Chez ADI la philosophie est simple : le cœur du portefeuille est construit avec des ETF. C’est le meilleur compromis entre diversification, frais compétitifs et sérénité. Certains d’entre nous ajoutent ensuite une touche de stock-picking, mais jamais sur 100 % du patrimoine (c’est plutôt une poche satellite plus ou moins importante).

Exemple de portefeuille “core / satellite” : ETF en cœur, stock-picking en complément

👨 Pierre-Antoine, 32 ans, ingénieur informatique, investit pour le long terme. Locataire à Paris, il a mis de côté 50 000 € sur plusieurs livrets.

Pour sortir de la thésaurisation et mieux faire face à l’inflation, il choisit une approche 60 % ETF / 40 % stock-picking, répartie entre son PEA Fortuneo et son CTO IBKR :

  • Dans son PEA : 30 000 € sur deux ETF MSCI World éligibles PEA (DCAM et WPEA) pour constituer le cœur diversifié du portefeuille.
  • Dans son CTO : 20 000 € sur une quinzaine d’actions américaines en satellite, choisies une par une (ex. Alphabet, Microsoft, Tecnoglass, Toll Brothers, etc.).

Tous les trimestres, il fait un point : résultats, marges, dette, cash-flow, valorisation… et il n’achète davantage (ou ne vend) que si les raisons qui l’avaient poussé à investir sont toujours vraies. Il s’aide d’un modèle de langage (GPT, Gemini, Mistral, etc.) pour optimiser ses analyses.

Stratégie en période de crise : garder la tête froide (et ne pas faire n’importe quoi)

En stock-picking, l’analyse fondamentale est la base. Sans elle, on navigue à vue et on se fait balader par les biais cognitifs des investisseurs. La crise ne crée pas ces biais, elle les met simplement en pleine lumière.

Note de Louis : l’analyse graphique peut aider dans une certaine mesure, mais elle ne remplace pas le fond (une stratégie d’investissement ne tient pas sur une courbe).

Le piège classique : vendre et revenir quand ça remonte

📉 En crise, le réflexe “je vends et je reviendrai plus tard” semble rassurant… mais il est souvent coûteux. D’abord parce qu’on ne sait jamais où se situe le point bas. Ensuite parce que les meilleurs rebonds se font parfois en quelques séances. On peut donc éviter une baisse de 10 %… et rater le +18 % qui suit, ce qui revient à transformer un plan long terme en jeu de timing.

À long terme (et plus encore quand on investit progressivement) l’objectif n’est pas de deviner le bon moment. L’objectif est de rester cohérent avec sa méthode.

La bonne séquence : thèse → qualité → prix (et seulement ensuite le graphique)

📊 Quand le marché baisse, une méthode saine tient en trois étapes, dans cet ordre :

  • Thèse. Les raisons d’investir sont-elles toujours vraies ? (moat, demande, régulation, dilution, scandale…). On renforce seulement si les faits confirment le scénario de départ (l’argument “c’est les soldes” ne fonctionne pas en stock-picking).
  • Qualité. Rentabilité, cash-flow, bilan : l’entreprise peut-elle encaisser un cycle difficile ? Une baisse oblige à relire le dossier, pas à acheter par réflexe.
  • Prix. La baisse rend parfois l’action plus attractive… ou reflète une vraie détérioration (une action qui baisse n’est pas moins risquée, elle est juste moins chère qu’hier). Peut-être que le prix du titre est plus bas qu’hier, mais toujours trop cher par rapport à sa nouvelle valeur.

Note de Louis : il est important de garder une watchlist et d’accepter d’attendre. Une excellente entreprise peut être trop chère longtemps. Ce n’est pas grave, on surveille, on prépare, et on attend une fenêtre plus favorable. Les crises créent des opportunités… mais encore faut-il être prêt à ce moment-là.

Le cœur du capitalisme n’est pas le marché, mais la comptabilité

💡 Faire de l’analyse fondamentale pour sélectionner les meilleures actions en PEA permet aussi de prendre du recul sur le logiciel de notre économie. La quasi-totalité des entreprises opère en effet selon ces règles comptables (conçues avant tout pour protéger et faire fructifier le capital financier). Ces règles ne sont pas tombées du ciel, mais elles résultent de choix institutionnels et politiques.

Dans ce cadre, les impacts sociaux et environnementaux sont souvent traités comme des externalités (des coûts qui ne rentrent pas directement dans les comptes, puis qu’on tente de corriger a posteriori avec des taxes, normes, amendes, etc.)

À titre d’ouverture et d’intérêt intellectuel, certains chercheurs (comme Jacques Richard et Alexandre Rambaud) proposent d’explorer d’autres cadres comptables, notamment la comptabilité en triple capital (CARE) qui vise à intégrer les enjeux sociaux et environnementaux directement au cœur des règles de gestion des entreprises (avec des conséquences plus structurelles en cas de non-respect).

Note de Louis : cette digression nous rappelle qu’en tant qu’investisseur, on navigue dans un monde toujours plus complexe qu’on ne l’imagine, et qu’on ne peut jamais être sûr à 100 % de quoi que ce soit. Un simple appel à l’humilité et au fait qu’on ne sera jamais de véritables homo economicus (ces investisseurs parfaitement rationnels et sans émotions des modèles économiques qui réduisent le réel à quelques variables, quand le monde en compte une infinité).

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